En Cisjordanie, les Palestiniens accèdent à la 3G : "Pouvoir être connecté, comme tout le monde, voilà ce qui va changer"

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Les trois millions de Palestininens de Cisjordanie occupée peuvent se connecter depuis mercredi en 3G via leurs propres opérateurs. Jusqu'à présent, cet accès était freinée par l'autorité militaire israélienne. C'est pourtant un important levier économique et social. 

On comprend la portée de cette révolution quand on se penche sur le bureau d'Ambar Amleh, une femme connectée. Elle gère un fond d’investissement pour les start-up palestiniennes à Ramallah. Elle vit avec deux téléphones. L'un est connecté au réseau palestinien, pour les coups de fil. L’autre est équipé d’une puce israélienne, pour l’accès limité à Internet. Ce qui change aujourd’hui, c’est que les deux opérateurs palestiniens sont autorisés à utiliser la 3G.

La Palestine va découvrir de nouveaux services, explique Ambar Amleh. "Rien que pour le quotidien, dans le travail, avoir la possibilité d’être connecté en permanence, comme tout le monde, autour de nous, pouvoir utiliser WhatsApp n’importe où... Pouvoir utiliser des cartes... Voilà ce qui va changer", se réjouit-elle. Elle a aujourd'hui le sentiment d'être connectée avec l'extérieur.

On rejoint finalement le reste du monde dans le fait d’être connectés. Et cela nous permettra de lancer de nouvelles technologies depuis la Palestine pour exporter

Ambar Amleh, gérante d'un fond d'investissement

franceinfo

Dès mercredi, les Palestiniens vont pouvoir appeler un numéro pour acheter un forfait internet. Il existe deux compagnies locales. Wataniya, par exemple, a investi 50 millions de dollars dans l’opération. Pour elle, c’est un tournant économique. La 2G avait bridé les opérateurs palestiniens. La Banque mondiale estime qu’ils sont passés à côté d’un milliard de dollars entre 2003 et 2006.  

Un retard dû à l'occupation

Ce très long retard au démarrage est une conséquence de l’occupation. Les Israéliens se sont appuyés sur les accords d’Oslo pour freiner l’arrivée de la 3G. L’accord est tombé, huit ans après la première demande. "Il n’y a jamais vraiment eu d’explication sur le fait qu’on ne pouvait pas utiliser la 3G avec des compagnies de téléphonie palestinienne, explique Shadi Qawasmi, directeur marketing chez Wataniya. Mais on pense que les raisons sont à la fois politiques et économiques. Les compagnies israéliennes fonctionnent ici illégalement. Elles font de grands profits, illégalement. Sans payer de taxes. Et politiquement, d’après les accords d’Oslo, les fréquences en Cisjordanie sont contrôlées par l’armée israélienne. Cela a duré de 2006 a aujourd’hui", poursuit-il.

Les Palestiniens comptent maintenant lutter contre la concurrence israélienne. Ses compagnies alimentent la région en 3G depuis les colonies. Elles tiennent déjà 20% du marché palestinien. L’offre a donc à la fois un caractère commercial et national.