En Argentine, émotion et indignation après la mort d'un jeune de 18 ans, tué sous les coups de ses co-équipiers de rugby

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Mardi, un mois jour pour jour après la mort de Fernando, des rassemblements ont eu lieu dans tout le pays pour demander que justice soit faite.

Sur la place du Congrès à Buenos Aires, des milliers d'Argentins sont venus mardi 18 février soutenir la famille de Fernando. De nombreux parents, des mères surtout avec leurs enfants, des adolescents aussi. Beaucoup tenaient le portrait du jeune homme souriant avec le mot "Justice" écrit à côté. À plusieurs reprises, toute la foule a crié "assassins" aux jeunes accusés. "Je crois qu'on est tous là d'abord contre ce crime, explique Agustina, 57 ans. Que dix jeunes tuent une personne comme si c'était un animal... On ne tue même pas un animal comme ça, considérant sa mort comme un trophée. On est là aussi car certains agresseurs sont des enfants de riches, et que souvent, dans ce pays, ceux qui ont du pouvoir ou de l'argent bénéficient de l'impunité".

Fernando était un bon garçon et ils l'ont tué en l'insultant de 'sale pauvre'. C'est barbare !

Agustina

à franceinfo

C'était le 18 janvier, en pleine nuit à Villa Gesell, une ville balnéaire sur la côte atlantique. Après avoir été jetés dehors par les agents de sécurité d'une boîte de nuit, les jeunes rugbymen ivres et violents ont continué leur bagarre sur le trottoir à dix contre un, les jeunes poussant Fernando, le frappant de coups de pieds alors qu'il était à terre jusqu'à un coup en plein visage d'une extrême violence de l'un des agresseurs qui lui sera fatal. 

Le monde du rugby montré du doigt

Tous les agresseurs étaient des camarades de Fernando dans un club de rugby local. La polémique grandit depuis plus d'un mois. Car, au-delà des valeurs de solidarité, le rugby est aussi dépeint comme un monde machiste, homophobe et raciste. Un ancien joueur a par exemple dénoncé des pratiques violentes. Pour lui, c'est un sport où "les hommes ont besoin de réaffirmer constamment leur masculinité", que ce soit à travers de violents rituels de bizutage, d'abus sexuels ou de bagarres. "J'ai des amis qui font du rugby et beaucoup ont défendu les agresseurs en disant que se bagarrer, c'était normal pour eux, que c'était typique d'en venir aux mains quand ils sortaient", témoigne Clara, 17 ans, présente au rassemblement.

Je me sens mal pour la famille et j’espère que cette mobilisation nous aidera à changer, parce que c'est horrible.

Clara

à franceinfo

Parmi les dix accusés, certains ont préféré garder le silence. D'autres ont clamé leur innocence, malgré des vidéos et des messages accablants échangés sur l’application whatsapp après la mort de Fernando. Actuellement, huit accusés sont en détention provisoire et considérés comme co-auteurs du crime. 

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