En Afrique-du-Sud, une dermatologue dit avoir trouvé une raison génétique à la perte de cheveux des femmes noires

Selon ce médecin, les produits de beauté chimique sont en partie mis en cause dans la perte de cheveux. 

À Durban en Afrique du Sud, une dermatologue a découvert une raison génétique à la perte de cheveux chez les femmes africaines. Ce qu’on appelle scientifiquement l’alopécie touche 11% des femmes d'Afrique contre 5% seulement des femmes eurasiatiques, selon une étude du journal international de dermatologie. Jusque-là, les méthodes de tressage, les fers à lisser ou encore les produits chimiques étaient incriminés, mais il s'agirait finalement d'une mutation génétique.

Selon Ncoza Dlova, dermatologue sud-africaine, le gêne PAD13 aurait muté chez certaines femmes noires. Ce gène est à l’origine de la création de protéines indispensables à la formation des cheveux. S'il mute, il y a plus de chances pour que de perdre vos cheveux. Cela arrive généralement autour de la quarantaine ou de la cinquantaine.

La soude dans les produits chimiques mis en cause 

Les produits chimiques comme les défrisants ont un impact réel, selon la dermatologue. C’est pour cela qu’elle conseille aux femmes qui perdent leurs cheveux de ne pas les utiliser. Ncoza Dlova depuis s'est lancée dans l’élaboration de produits naturels après sa découverte. "Si elles prennent soin de leur cuir chevelu naturellement, elles peuvent perdre des cheveux sur une zone grande comme un œil, explique-t-elle. Mais si elles utilisent des défrisants et des produits chimiques, la maladie progresse plus rapidement et peut atteindre la taille de la paume d’une main". Si les défrisants sont incriminés, c’est qu’ils contiennent souvent de la soude, un ingrédient nocif que l’on retrouve notamment dans certains produits ménagers.

Peu de produits naturels sur le marché sud-africain 

Ces produits naturels sont peu utilisés, notamment à cause du prix souvent élevé. Un défrisant qui contient des produits naturels va couter plus cher que les défrisants à base de soude. Sans compter qu’un défrisant naturel ne va souvent pas avoir la même efficacité que son équivalent chimique.

Majestic est coiffeur àJohannesburg. Il dénonce le manque de recherche cosmétologique pour cheveux africains. "Les produits sont majoritairement des grandes entreprises américaines ou européennes. Ils ne pourvoient pas toujours aux besoins des cheveux des noirs, explique-t-il. Si c’est un produit chimique pour cheveux blanc, il ne va pas avoir le même effet sur nous car les textures sont différentes. On a besoin d’en savoir plus sur les caractéristiques de nos cheveux. Comme ça on en saura plus sur quels types de produits on peut utiliser." C'est pour cela que les recherches de Ncoza Dlova pourraient s'avérer importantes. L'objectif est que les femmes africaines puissent opter pour des produits naturels plutôt que chimiques. En revanche, il n'y a aucun traitement actuellement pour soigner la perte des cheveux liés à la mutation génétique.

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