En Afrique du sud, le quartier dégradé d'Hillbrow, à Johannesbourg,tente de reconquérir les touristes

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Une association d'habitants a décidé de redorer l'image de leur quartier en organisant des visites à pieds pour les visiteurs.

À Johannesbourg, en Afrique du Sud, les taux de criminalité atteignent des records et on ne plaisante pas avec la sécurité. Dans la ville, il est un quartier que beaucoup préfèrent éviter. Il s'appelle Hillbrow, est situé au centre de la ville et est réputé pour son délabrement, sa pauvreté et ses trafics.

Mais ces dernières années, des habitants refusent que leur quartier se résume aux faits divers et veulent montrer "leur" Hillbrow. Depuis six ans, une association organise des visites à pied du quartier, pour que chacun puisse se faire son idée.

Un quartier d'abord prisé puis craint

Il faut dépasser pas mal d’a priori pour se lancer dans cette visite car même les taxis grincent des dents à l’approche de la tour Ponte, le début de l’excursion. Pourtant, Hillbrow n’a pas toujours eu cette terrible réputation. Dans les années 70, le lieu était très prisé et réservé à la population blanche, avant de devenir un des premiers secteurs où noirs et blancs ont pu se mélanger.

Sara Cox est une habituée du quartier. Elle se souvient de cette époque: "J’habitais ici, en 1978. Il y avait beaucoup d’ambiance, la nuit, personne ne dormait. Mais tout cela a disparu. Vers la fin de l’apartheid, c’est devenu une époque très violente. C’est ce dont se rappellent les gens qui habitent dans les banlieues nord. Ils ont encore trop peur pour venir, et voir par eux-même. Et pour être honnête, je pense que ça ne les intéresse pas vraiment", explique-t-elle.  

La balade commence au 51ème étage. La tour, cylindrique et creuse, est la plus haute tour d’habitation du continent. Le guide Sifiso Zikhali rappelle l’état dans lequel elle se trouvait lorsqu’elle a été squattée dans les années 2000. "L’endroit a vite été surpeuplé, il n'y avait plus d'eau ni d'électricité. Et les gens ont commencé à jeter leurs ordures au centre de la tour, c’est monté jusqu’au 14ème étage !", se souvient le guide. Aujourd’hui la tour, réhabilitée et sécurisée, est devenue un lieu de vie pour de nombreuses familles.

On devrait arrêter de parler de ce qui se passait avant, et parler de ce qu’on voudrait qu’il se passe, cela pourrait changer les choses.

Grant Ngcobo, guide et originaire du quartier

franceinfo

À l’image de ce gratte-ciel, le quartier se transforme petit à petit. Mais faire passer un message positif n'est pas chose aisée tant Hillbrow est stigmatisé. Grant Ngcobo, guide et originaire du quartier, espère qu’avec cette initiative de l’association Dlala Nje, le regard des gens pourra changer : "Tout ce que l’on entend sur le quartier ce sont des choses négatives, mais il y a des gens qui font des choses géniales, pour essayer de changer cet endroit."

Des visiteurs séduits

Ce circuit permet aux visiteurs de découvrir l’histoire riche de Hillbrow. La visite ne cherche pas à cacher la réalité, et s’arrête devant les immeubles abandonnés ou squattés. Mais tente aussi de faire rencontrer les populations.

Les touristes, comme Stéphane, sont plutôt étonnés. "En arrivant, j’avais des appréhensions. Mais la visite s’est très bien passée et je trouve que le quartier a de la vie, ça donne une image plus humaine", se réjouit le visiteur. 

L’association espère désormais attirer plus de visiteurs sud-africains, encore peu enthousiastes à l’idée de mettre les pieds à Hillbrow.

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