En Afrique du Sud, la famille royale zouloue se déchire pour savoir qui prendra le trône

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Après la mort du roi, puis d'une de ses veuves qui lui avait succédé à la régence, la famille se brouille sur sa succession. Ce conflit, réglé habituellement de manière discrète, est même porté devant les tribunaux. 

En Afrique du Sud, la nation zouloue, plus important groupe ethnique du pays, se retrouve à nouveau sans souverain. Après le décès du roi Goodwill Zwelithini en mars dernier, c'est l’une de ses six veuves, Shiyiwe Mantfombi Dlamini Zulu, qui a été désignée pour assurer la régence jusqu’à la nomination d’un futur monarque. Sauf qu’elle est à son tour décédée, jeudi 29 avril, à l’âge de 65 ans. Depuis, la bataille fait rage au sein du clan royal pour décider quelle branche de la famille montera sur le trône. 

Des tensions dévoilées au grand jour 

Jusqu'à présent, les échanges et les discussions se déroulaient à huis clos, au sein du palais royal de Nongoma, dans la région du KwaZulu-Natal. Désormais, les affrontements sont publics. En pleins préparatifs des funérailles de la reine régente, qui doit être inhumée jeudi 6 mai à l’aube, différentes factions s'attaquent à coup de conférences de presse et de communiqués.  

Selon les traditions zouloues, le choix du successeur ne devrait pas être si compliquée selon Maxwell Shamase, historien à l’université du Zululand. "La reine défunte, qui assurait la régence, vient de la famille royale du Swaziland, et sa dot a été payée par la nation zouloue, explique-t-il à franceinfo. Par conséquent, elle est considérée comme 'grande reine', par rapport aux autres femmes qui n’ont pas ce statut. Cela veut dire que l’héritier du trône sera l’un de ses descendants."

Cependant, tout le monde ne l’entend pas de cette oreille au sein de la famille royale. La première des six femmes du roi Zwelithini a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux. Elle considère qu’elle est l’épouse principale, puisqu’elle est la seule à être unie au monarque par un mariage civil. Dans une autre plainte, deux de ses filles estiment que la signature au bas du testament de leur père est une signature falsifiée, et elles demandent l’annulation du document.

"Je pense que tout le monde est embarrassé par cette affaire, estime Halo Mbatha, historienne spécialiste des traditions zouloues. La famille royale sait qu’il y a des procédures internes pour régler ces problèmes, comme cela a été fait dans le passé. Il aurait mieux valu éviter ces batailles publiques, surtout en pleine période de deuil." Sans compter que se tourner vers les tribunaux n'est pas forcément une bonne idée, "car ils ne maîtrisent pas toutes les traditions de la famille royale zouloue". 

L'Etat sud-africain à la rescousse 

Alors que le souverain zoulou conserve encore de l’importance en Afrique du Sud, les pouvoirs publics, notamment la ministre des Affaires traditionnelles, appellent désormais à l’apaisement et à la stabilité. Si le roi ou la reine n'a plus de pouvoir exécutif dans le pays, son rôle est inscrit dans la Constitution sud-africaine, qui reconnaît les chefs traditionnels.

Son influence est encore très importante sur les quelques 11 millions de Zoulous, soit le plus grand groupe ethnique d’Afrique du Sud, et il jouit d’une certaine autorité morale. Le roi est également à la tête d’une structure qui gère une partie des terres de la région. Le nom du successeur pourrait être connu juste après les funérailles, pour éviter toute vacance du pouvoir.

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