Covid-19 : au Sénégal, les récupérateurs de déchets en quête de reconnaissance

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Ils sont 2 000 récupérateurs et récupératrices à affronter chaque jour les montagnes de déchets de la plus grande décharge du pays, située à Dakar. Avec le Covid-19, ils ont perdu la moitié de leurs revenus et selon l’ONG Weigo, un tiers de ces ménages a souffert de la faim.

Sur les montagnes de déchets de la décharge de Mbeubeuss à Dakar qui culminent à 15 mètres, Adjia Seyni Diop, mère de deux enfants, récupère tous les jours des plastiques et des morceaux de ferraille. Elle les revend ensuite à des grossistes. Mais en raison du couvre-feu mis en place au Sénégal à cause du Covid-19, elle a réduit ses heures quotidiennes de travail durant des mois et ses revenus ont été divisés par deux.

"Avec la pandémie, les conséquences sont journalières. Mes revenus ont baissé de 3 000 francs à 1 500 francs [CFA] par jour à cause du coronavirus, et je dois encore donner à manger à toute la famille. Par exemple, je ne peux plus donner le goûter de l’après-midi aux enfants, confie Adjia Seyni Diop, et je dois encore m’occuper d’eux à la maison car on ne les laisse plus sortir." Malgré la levée de l’état d’urgence sanitaire mi-mars, les conditions de travail restent difficiles, ajoute un autre récupérateur, Ali Faye : "On n’avait pas de marché pour écouler nos marchandises. Il y avait beaucoup d’unités industrielles qui ne fonctionnaient pas pendant cette pandémie. Donc on ne pouvait même pas vendre nos produits. Notre revenu a été réduit avec le problème du coronavirus".

Le statut de récupérateur appelé à évoluer 

Ces travailleurs informels se sont regroupés en association, nommée Bokk Diom. À sa tête, Harouna Niass. Il est déçu de ne pas avoir reçu davantage d’aides de la part des autorités.   

Il est important que le ministère de l’Environnement nous aide, parce que le travail que nous faisons consiste à protéger l’environnement. Nous voulons des formations sur la gestion des déchets aussi.

Harouna Niass

à franceinfo

La décharge va être rénovée. 30% de ses 115 hectares vont devenir un centre de tri et de compostage alors que l’enfouissement technique sera délocalisé. Abdou Dieng, coordonnateur de la décharge de Mbeubeuss, se veut rassurant sur le statut des récupérateurs. "L’ensemble des récupérateurs recensés seront indemnisés, assure-t-il. À côté, il fait partie des conditionnalités du projet de faire l’élaboration d’un plan de restauration des moyens de subsistance. L’objectif est d’accompagner les récupérateurs pour leur permettre vraiment d’avoir les moyens de travailler dans le projet ou d’avoir leur propre business". 

Les récupérateurs, eux, demandent à être davantage impliqués dans la rénovation de la décharge.

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