Aux Etats-Unis, les New-Yorkais de plus en plus séduits par le rugby

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Le ballon ovale est-il en train de s’installer au pays du football américain ?

Situé à Coney Island, entre l'océan et les grands huit de Luna Park, le stade a beau être planté dans un décor superbe, il ne correspond en rien aux standards européens du rugby : 7­ 000 places assises et pas de toiture. C'est pourtant là, au MCU Park habituellement dédié au baseball, que l’international français Mathieu Bastareaud jouera la saison prochaine, sous les couleurs du Rugby United New York. Le premier club professionnel de la ville jouait dimanche 5 mai face à Houston, il pleuvait des cordes, et seules quelques centaines de personnes avaient fait le déplacement.

"J'essaie encore de comprendre le jeu"

Parmi elles, Mike, dont le neveu joue pour le club de New York, est plutôt un fan de football américain. "Je m’emmêle un peu les pinceaux, reconnaît-il, parfois je regarde les joueurs, et je me dis : pourquoi il n’a pas fait ceci ou cela ? Ma nièce, qui vient d’Irlande, m’explique les règles. Je les ai vu jouer quelques fois, j’essaie encore de comprendre le jeu. Mais vraiment, j’adore ! Ces mecs sont fous !"

Les New-Yorkais ne sont peut-être pas encore tout à fait au point sur les règles, mais ça devrait venir sans tarder car le rugby est en train de gagner du terrain :    54 clubs amateurs, 35 000 jeunes joueurs ont été recensés dans l’État de New York. Et le club de New York - comme ses adversaires - va chercher des joueurs à l’étranger. Ces derniers représentent environ un tiers des membres de l'équipe, malgré un petit salaire : 4 000 dollars par mois environ.

"Le rêve américain a été plus fort, explique William Leonard, un jeune joueur tout juste débarqué d’Irlande. Je voulais du changement, quelque chose de différent, voyager un peu. Et ça remplissait tous ces critères ! Jouer au rugby à New York, j’aimais vraiment l’idée. Mon visa est pour cinq ans, et si le club m’autorise à jouer cinq ans, je serais heureux de rester ici !" L e jeune centre de Limerick est très excité à l'idée de pouvoir jouer, bientôt, avec Mathieu Bastareaud.

Troisième de la Major League Rugby, le championnat, RU New York fonctionne très bien. Derrière ce projet, il y le propriétaire de l'équipe : James Kennedy, un entrepreneur d’origine irlandaise. Ce passionné a investi près de 600 000 dollars  pour intégrer le championnat, avant d’être rejoint notamment par Pierre Arnald, ancien directeur général du Stade français, lui aussi est actionnaire.

Le club fait partie des neuf équipes, dont une canadienne, qui se disputent ce championnat. Les tribunes finiront par se remplir, James Kennedy en est convaincu. "Le rugby, a quelque chose que le football américain paierait un milliard pour avoir : ses valeurs, explique l'homme d'affaires. On ne répond pas à l’arbitre, on respecte ses adversaires…  Dans le climat politique actuel, le rugby a le message qu’il faut, ici et maintenant."  

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