Au Venezuela, l’opposition incarnée par le président de l'Assemblée nationale appelle à manifester contre Nicolas Maduro

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Les opposants au président du Venezuela sont appelés à se mobiliser mercredi par Juan Guaido, devenu en deux semaines le leader incontesté de l'opposition à Nicolas Maduro. 

Des dizaines de manifestations contre le gouvernement du Venezuela sont attendues, mercredi 23 janvier, dans de nombreuses villes du pays, à l'appel du président de l’Assemblée nationale, Juan Guaido. Il est devenu en peu de temps le leader incontesté de l’opposition au président Nicolas Maduro, un président jugé illégitime par le Parlement et toute une partie de la communauté internationale depuis le début de son second mandat le 10 janvier. 

Une mobilisation sur le thème de la "dernière chance" 

C’est ce qui ressort des discours de l’opposition. Depuis l’investiture de Nicolas Maduro pour un second mandat, l’Assemblée nationale, acquise à l’opposition, dit être désormais la seule institution démocratiquement élue. Selon les députés, l’élection présidentielle du 20 mai 2018 n’était ni libre, ni transparente. Ils souhaitent donc mettre en place un gouvernement de transition pour organiser de nouvelles élections. Ils ont déjà l'appui d’une partie de la communauté internationale, mais ils ont besoin d’un soutien populaire. Depuis 2016, toutes les décisions du Parlement sont jugées nulles par l'exécutif, d’où l’intérêt de cette manifestation.  

Un retour en force de l'opposition

Depuis 2017 et les grandes manifestations qui ont secoués le Venezuela, l’opposition était tombée en disgrâce. Mais elle opère un retour en force depuis deux semaines et personne ne s’y attendait. Cela s’explique d’abord par l’arrivée du nouveau leader, Juan Guaido, 35 ans, qui a pris la tête de l’Assemblée nationale, il y a trois semaines sans être connu du grand public. Le 11 janvier, il s’est dit prêt à assumer la présidence de la République par intérim, ce qui l’a propulsé sur le devant de la scène.

Surtout, deux jours plus tard, Juan Guaido s’est fait arrêter par les services de renseignement vénézuéliens. Une arrestation brève, mais qui a suffi à asseoir son charisme et sa popularité auprès de la population. La deuxième explication relève de la stratégie de mobilisation de l’opposition. Depuis l’investiture, les députés organisent des réunions publiques, appelées "cabildos abiertos", partout dans le pays, avec un énorme succès. Plus on s’est rapproché du 23 janvier, plus les Vénézuéliens se déplaçaient pour ces réunions généralement organisées en bas de chez eux.  

Le succès de la mobilisation est pourtant incertain

Pour que l’opposition arrive à ses fins, elle a besoin d’un soutien massif de la population. Cela passe d’abord par les quartiers populaires, historiquement acquis au chavisme. Depuis lundi, des émeutes ont éclaté dans plusieurs de ces quartiers contre le pouvoir en place, donc il est possible qu’en réaction, ils se joignent à la population. Mais l’opposition a surtout besoin du soutien de l’armée, qui constitue le ciment du régime chaviste depuis de nombreuses années. Et sur ce point, il est difficile d’imaginer un revirement total de l’état-major qui a redit sa fidélité à Nicolas Maduro, le 10 janvier dernier.

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