Au Qatar, les ouvriers d'Asie du Sud-Est qui construisent les stades de la Coupe du monde de foot préfèrent le cricket

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Avec les dizaines de milliers de travailleurs venus d'Asie du Sud-Est, le cricket s'est fait une place au Qatar. Pourtant, ce sport n'intéresse pas trop les Qatariens qui préfèrent de loin le foot.

Dans l'imaginaire collectif le sport au Qatar est associé à la Coupe du monde de football qui s'y déroulera en 2022. Pourtant, avec les dizaines de milliers de travailleurs venus d'Asie du Sud-Est, un autre sport a fait son apparition sur les terrains vagues du pays. Il s'agit du cricket. Dans la cité dortoir de Labour City, à une vingtaine de kilomètres de la capitale Doha, on trouve de grands terrains vagues de sable et de cailloux juste à côté de ces murs qui encerclent la ville.

Le vendredi, c'est notre seul jour off. On peut donc venir jouer.

Suytali

à franceinfo

Chaque vendredi, des dizaines d’amateurs de cricket de cette cité de plus 60 000 personnes s’y retrouvent. Ils viennent d’Inde, du Sri Lanka, du Pakistan ou du Bangladesh comme Suytali. Ce trentenaire "travaille au bord des routes sur l’asphalte". Au Qatar, "le travail est très dur". Pour ce Bangladais qui "se lève tous les matins à 4h30 et puis part au travail de 6 heures du matin à 17 heures", le vendredi est un jour où il peut s'amuser, lui qui vient d'un pays où "on est tous fous de cricket".

Pour Suytali, le plus difficile est de retrouver la passion du cricket dans le petit Émirat. Au Qatar, neuf nouveaux stades sont en construction pour la Coupe du monde de football. Le cricket ne compte, quant à lui, qu’une seule enceinte de 13 000 places. Les nombreux expatriés asiatiques essaient donc aussi de faire exister le Qatar sur la scène internationale du cricket.

Des milliers de joueurs, mais pas d'Arabes

L’association qatarienne de cricket recense près d’un millier de joueurs, dont certains évoluent à un niveau semi-professionnel. Tous les vendredis, les matches se jouent à Lusail. Cette ville, tout juste sortie de terre, accueillera la finale de la Coupe du monde de football dans trois ans. Toute la journée, 78 équipes s’affrontent sur 14 terrains en dur.

Pourtant, si le cricket "est le deuxième sport le plus populaire au monde après le foot, selon Tamour Sajad, au Qatar on a du mal, car ça n’intéresse pas trop les Arabes qui préfèrent de loin le foot", explique le vice-capitaine de l’équipe nationale. Ce Pakistanais né à Doha rapporte qu'il y "a aucun Qatarien dans l’équipe nationale, il n’y pas d’Arabes. Il y a juste des expatriés asiatiques qui habitent ici depuis 7 ou 10 ans." Les Qatariens "préfèrent de loin le foot" ce qui explique que les "infrastructures sont très pauvres", estime Tamour Sajad.

"À cause du manque de soutien et d’installations, les gars ne sont pas capables de montrer leur talent au reste du monde", poursuit-il. Mais, il y a des motifs d'espoir. "On essaie de trouver un moyen de développer ce jeu, parce que c’est un sport génial", explique-t-il. Le prochain objectif pour l'équipe nationale est de se qualifier pour le tournoi international de cricket, l'ICC Cricket World Cup 2019. La 23e nation mondiale espère être du voyage en Australie.

Vous êtes à nouveau en ligne