Au Liban, un nouveau contrat de travail pour protéger les employées de maison

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Une avancée notoire au Liban : de nouveaux droits mettent fin au système de "Kafala", source de nombreux abus de pouvoir envers les employées de maison dénoncés depuis longtemps par les associations internationales.

Le plus souvent ce sont des femmes, originaires d’Afrique ou d’Asie, qui sont venues au Liban pour être employées de maison ou baby-sitter chez des particuliers. Elles sont près de 200 000 et depuis des années, les ONG dénoncent les abus de nombre d’employeurs : passeports confisqués, salaires misérables voire inexistants, violences physiques ou morales, car certaines sont logées dans des conditions lamentables, ou n’ont pas le droit de sortir. Pas de jour de repos, pas de congés payés non plus.

En réalité, c’est une situation qu’on retrouve dans tous les pays arabes à cause du système dit de "Kafala". L’employeur est tuteur de ses employés, ce qui lui donne des droits exorbitants et ouvre la porte à tous les abus.

Petite révolution au Liban

Le système n’est pas totalement aboli, mais un nouveau contrat de travail standardisé entre en vigueur. Et il rétablit les droits de cette main d’œuvre étrangère. Interdiction de les payer sous le Smic libanais. Pas plus de 48 heures de travail hebdomadaire. Un jour de repos hebdomadaire et un congé payé annuel. Ainsi qu’une chambre personnelle, dont elles seules ont la clé. Interdiction aussi de leur confisquer leur passeport.

Ce nouveau contrat de travail permet aussi aux employées de démissionner et de changer d’employeur. Ca peut paraître évident en France, mais au Liban, c’est un pas de géant vers la fin d’une pratique assimilée par les ONG à "de l’esclavage moderne".

La situation bouge aussi au Qatar

C’est dans les pays du Golfe que les abus sont les plus importants, car ce système de "Kafala", de tutorat de l’employeur, concerne tous les travailleurs, employés de maison mais aussi ouvriers du bâtiment, les petites mains du miracle économique de ces monarchies pétrolières.

Lorsque le Qatar s’est vu attribué l’organisation de la Coupe du monde de football 2022, il avait promis d’abolir la "Kafala", mais ça n’arrivait pas. Depuis la fin août, c’est une réalité. Avec un salaire minimum officiel qui est entré en vigueur début septembre et surtout deux point essentiels : les travailleurs étrangers peuvent changer d’employeurs librement et surtout, il n’y a plus de visa délivré par l’employeur, ils peuvent donc quitter leur emploi mais aussi le pays librement.

C’est une vraie avancée, le Qatar est le premier pays du Golfe à passer ce cap et l’Organisation internationale du travail (OIT) l’a d’ailleurs salué.

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