Au Japon, le gouvernement tente de lutter contre la baisse des naissances

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La population japonaise ne se renouvelle pas, car l'indice de fécondité plafonne depuis des décennies à 1,4 enfant par femme.

Depuis des décennies, le Japon est en proie à un grave problème de dénatalité. Comme ses prédécesseurs, le nouveau Premier ministre Yoshihide Suga promet donc de nouvelles mesures pour tenter d’enrayer cette crise démographique alors que près de 30% de la population a déjà plus de 65 ans.

Des mariages de plus en plus tardifs

Parmi ces mesures notamment : des aides financières. Yoshihide Suga promet d’abord une prime d’environ 4 800 euros aux jeunes mariés, afin de les aider à s’installer. Au Japon en effet, le mariage est la première étape pour avoir des enfants et les élever dans de bonnes conditions d’acceptation sociale.

Mais convoler en justes noces est de plus en plus difficile. "La principale raison est que les femmes ne trouvent pas de partenaire à la hauteur de leurs attentes"explique le sociologue Junya Tsutsui de l’Université Ritsumeikan de Kyoto, "Du point de vue des jeunes filles, il y a de moins en moins d’hommes bons à marier. Parce qu’ils n’ont pas les revenus stables jugés suffisants. En majorité, elles veulent au minimum que leur partenaire gagne l’équivalent de 30 à 50 000 euros par an pour que le couple ait l’aisance suffisante, mais sur 100 hommes célibataires trentenaires, seulement 15 remplissent leurs critères ».

Les mariages tardifs sont aussi une cause de renoncement à avoir des enfants, soit parce qu’on juge qu’on est trop vieux, soit parce que physiquement cela devient difficile. D’où aussi la promesse du Premier ministre d’une prise en charge par l’assurance sociale des traitements contre l’infertilité. 

Le mur du deuxième enfant

Dans la société japonaise il existe aussi un phénomène appelé "mur du deuxième enfant". Le renouvellement des générations n’est pas assuré dans le pays car l’indice de fécondité plafonne sous 1,4 enfant par femme au lieu de 2,1. Pourtant si on interroge les couples, beaucoup disent vouloir dans l’idéal deux ou trois enfants. Mais ils n’en font souvent qu’un parce que ça coûte trop cher. Jusqu’à présent, les dépenses des pouvoirs publics au Japon pour l’éducation des enfants sont parmi les moins importantes des pays riches rapportées au produit intérieur brut.

"Le gouvernement a enfin commencé à réduire le coût de l’éducation à la charge des parents, je pense que cela va jouer", analyse Junya Tsutsui, "S’il ne l’a pas fait avant, pendant plus de quarante ans de dénatalité, c’est aussi parce que les citoyens pensent que c’est à eux d’assumer l’intégralité des coûts." Selon lui, l’orientation prise est la bonne, mais elle arrive au moins 15 ans trop tard. Et quoi qu’on fasse désormais, on ne stoppera pas le vieillissement et le déclin de la population.

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