À Cuba, fini les transferts d’argent par Western Union

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L’entreprise américaine cesse ses activités sur l’île en raison des dernières sanctions de l’administration Trump. Ce qui empêche des milliers de Cubains de recevoir de l'argent envoyé par leurs familles installées à l'étranger.

Le groupe américain de transfert d'argent Western Union a fermé lundi 23 novembre ses bureaux à Cuba, sous la pression des Etats-Unis. La décision de Western Union intervient un mois après l’annonce par l’administration de Donald Trump de l’interdiction pour toute entreprise américaine de travailler avec Fincimex, la société financière cubaine qui lui servait d’intermédiaire sur l’île.

Fincimex est détenue par les militaires cubains et le mandataire de la Maison Blanche entend couper les vivres à l’armée qui dirige de fait l’économie du pays. Western Union n’a donc pas d’autres solutions que de fermer ses 407 agences à Cuba qui opéraient depuis une vingtaine d’années.

Les "remesas", une source de revenus pour les familles

Or, l’envoi d’argent à Cuba par la diaspora à l’étranger, la "remesa", est une source de revenus essentielle pour des milliers de familles. On parle de plus de 2,5 milliards de dollars envoyés chaque année, selon certaines estimations. D’où beaucoup d’inquiétudes et d’incertitudes, pour des milliers de Cubains.  

À elle seule, Western Union transférait jusqu’à présent en moyenne plus de 1,5 milliard de dollars par an vers Cuba. L’entreprise avait alerté ses clients sur cette fermeture, en les appelant à anticiper. Ainsi, ces derniers jours, ils sont venus en nombre récupérer leur dernier transfert d’argent dans les agences au logo jaune et noir, bien connu à Cuba. Margarita Mora, dans le quartier de Buenavista à La Havane, a ainsi reçu pour la dernière fois de l’argent de la part de son cousin à Boston, aux Etats-Unis.

Ça représente tout pour moi, mon bien-être, de la tranquillité, moins de stress. On a acheté cette moto électrique avec la remesa, j’achète de la nourriture, tout ce dont j’ai besoin ! 

Margarita Mora, une habitante de La Havane

à franceinfo

Les Cubains ont dû s’organiser et inventer de nouvelles manières de recevoir ces fonds, car les remesas sont une nécessité pour beaucoup. Il faut dire que les Cubains ont l’habitude de contourner les entraves administratives et de déjouer les sanctions américaines.  

Recours au système D 

Beaucoup se tournent déjà vers des transferts de particulier à particulier, mais sans aucune garantie de sécurité. Et pour les plus connectés, il y a les cryptomonnaies qui ont de plus en plus de succès à Cuba. Certains se sont reconvertis : la famille à l’étranger envoie des bitcoins et des Cubains ici les changent en monnaie nationale. La récente ouverture de compte bancaire en devises à Cuba permet également de recevoir directement certaines monnaies étrangères sur un compte cubain, si la banque internationale ne craint pas les menaces de représailles américaines.  

L'élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis suscite également quelques espoirs de réouverture de l’agence de transfert d'argent. Le nouveau président américain en a fait la promesse, mais il n’y a pour l’instant aucune garantie qu’il puisse défaire le mal qui a déjà été fait.

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