La culture économique européenne s'affine et s'affirme

Les Européens sont en faveur de mesures collectives et coordonnées pour lutter contre la crise et relancer la croissance, c'est ce qui ressort de la dernière enquête Eurobaromètre, publiée cette semaine par le Parlement européen, alors que les dirigeants des 27 se retrouvaient à Bruxelles pour un sommet informel, consacré justement à affiner leur stratégie anti-crise.

Eurobonds, projectbonds, mutualisation de la dette, austérité seule ou combinée à une relance de la croissance ?

Alors que les chefs d'Etat et de gouvernement tentent de voir jusqu'où ils pourront s'entendre pour endiguer la crise, une majorité d'Européens (55%) estime qu'elle se sentirait mieux protégée par des mesures coordonnées; près de la moitié (47%) souhaite que l'Union prenne à la fois des mesures de réduction des dépenses publiques et des mesures de relance de l'économie.

Conscients de l'impact de la crise sur leur vie quotidienne, les Européens se sentent de plus en plus concernés et l'expriment

Les sondés sont pour la solidarité, mais pensent très majoritairement que l'aide aux pays en difficulté doit être conditionnée au respect des règles fixées en commun (80%), et s'expriment en faveur de sanctions (72%) en cas de non-respect de celles-ci.

L'enquête Eurobaromètre, réalisée par TNS pour le Parlement européen auprès des citoyens des 27 Etats membres, confirme par ailleurs la tendance d'une polarisation de l'opinion publique: conscients de l'impact de la crise sur leur vie quotidienne, les Européens se sentent de plus en plus concernés et l'expriment. Leur connaissance des outils existants s'affirme, comme l'explique Jacques Nancy, responsable des enquêtes d'opinion publique au Parlement européen.

Il souligne néanmoins le clivage de plus en plus marqué entre les pays de la zone euro (61% sont pour la coordination) et les autres (43%), et sensibilise par ailleurs au clivage socio-démographique, les actions collectives étant surtout défendues par les Européens les plus aisés et les plus éduqués, alors que les citoyens les moins aisés et éduqués ont tendance à trouver une réponse à la crise dans les solutions nationales. "Il faut en tenir compte, estime Jacques Nancy, car l'Europe est faite pour tout le monde".