"Faire société" contre le djihadisme

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Quelle est la responsabilité de nos sociétés dans le développement du djihadisme européen ? Philippe Lamberts, coprésident des Verts au Parlement européen, met en cause à la fois l’échec des politiques d’intégration et l’ambiguïté des relations qu'entretiennent nos dirigeants avec des pays comme l’Arabie saoudite. L'eurodéputé vit depuis toujours dans un quartier populaire "mixte" de Bruxelles.

30 ans d’exclusion d’une partie de notre jeunesse musulmane européenne, ghettoïsée dans ce qu’on appelle en France "les quartiers perdus de la République ", entraine des effets morbides et mortifères. L’eurodéputé belge Philippe Lamberts, coprésident du groupe des Verts où il a succédé à Daniel Cohn-Bendit, ne nie pas les effets du "choc des civilisations ", en partie à l’origine des violences de Cologne.

Mais il se demande comment les discours de haine contre l’Occident et les excès de son système de valeur peuvent prendre racine "chez nous " et pousser certains de "nos enfants " à se retourner contre les sociétés qui les ont vus naître.

L'eurodéputé belge prône un changement de cap radical dans nos politiques d’intégration. Pour lui, il faut absolument "montrer à la jeunesse musulmane européenne - l’Islam fait partie de l’Europe - qu’elle est constituée de citoyens à part entière qui ont autant de chances d’avoir un bel avenir que n’importe qui d’autre ".

Selon Philippe Lamberts, qui "n’aime pas les ghettos ", il faut tout faire pour que nos villes restent mixtes et "offrent une chance à chacun ". Il y contribue lui-même en vivant depuis toujours dans un quartier populaire "mixte" dans le secteur de la gare du Midi à Bruxelles.

"Cela produit le fait que nos enfants sont allés à l’école avec des enfants de toutes origines, qu’ils ont des amis musulmans, avec lesquels ils font leurs études ". Et qui ont les mêmes chances d’avoir un bel avenir. C’est un choix, "pour faire société, explique Philippe Lamberts. Une façon d’être le changement qu’on veut voir dans la société, comme dirait Gandhi ".

Ce lundi 18 janvier, le Parlement européen appellera l’Union à s’appuyer systématiquement sur la culture et l’éducation pour favoriser la compréhension mutuelle, et à faire de la diversité et du dialogue interculturel un objectif politique.

La Belgique est considérée comme la principale base arrière des djihadistes européens, celle qui produit le plus de combattants islamistes proportionnellement à sa population.

Quelque 5.000 Européens seraient partis faire la "guerre sainte " en Syrie, dont 1.800 Français. Selon Manuel Valls, sur les 20.000 personnes fichées S en France, la moitié le sont pour leur "appartenance ou leur lien avec la mouvance islamiqu e".

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