En direct de l'Europe. Sommet européen des 28 et 29 juin : une épreuve de confiance

L’Union européenne aurait-elle rendez-vous avec son devenir lors du sommet des 28 et 29 juin prochain ?

Que va-t-il se passer au somment européen des 28 et 29 juin ? Beaucoup de pays favorables à une ligne dure sur l'immigration vont mettre les chefs d'états et les gouvernements de l'UE face à un avenir compliqué. La question reste en suspens.

L’épreuve va devenir difficile pour les 28

Tout d’abord, l’Autriche assurera le 1er juillet la Présidence de l’Union européenne, et le chancelier Sébastian Kurz a déjà posé ses marques. Sébastian Kurz a pris la tête d’une "fronde anti-migrants" en réunissant le 21 juin dernier, à Vienne, le groupe de Visegrad soit, la Hongrie, la République Tchèque, la Slovaquie et Pologne dont les chefs d’États sont opposés à l’accueil des migrants.

Ce rendez-vous viennois était un signal répondant au Président de la Commission européenne qui organisera le 24 juin une réunion en amont du sommet des 28 et 29 juin sur le thème de l’asile et les migrations. Cette réunion de travail dite informelle est une invitation aux États membres dits intéressés par le sujet. Si la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, la Bulgarie, l’Espagne et la Grèce ont répondu "présents", ce sera sans le groupe de Visegrad, toutefois "représenté" par le Chancelier autrichien. Il se pourrait que cette réunion informelle soit un avant-goût du sommet à venir.

Une chancelière vacillante

Il est évident que la question migratoire divise les États membres de l’Union, et cette division se retrouve au sein même de l’exécutif de certains états. C’est le cas pour l’Allemagne, où Angela Merkel doit face à l’opposition de son ministre de l’Intérieur, le bavarois Horst Seehofer.

Horst Seehofer n’est pas seulement un opposant à la politique migratoire de la Chancelière, il est membre de la CSU, l’Union chrétienne-sociale bavaroise, dont le CDU d’Angela Merkel a fortement besoin pour arrimer la fragile coalition du gouvernement allemand. Or, les élections bavaroises d’octobre prochain s’annoncent déjà comme un défi pour la CSU qui a vu surgir en son fief le parti très nationaliste allemand l’AfD, Alternativ für Deutschland.

C’est la raison pour laquelle Horst Seehofer n’hésite plus à "tacler" la Chancelière, et prendre langue avec Vienne et Rome. Si Angela Merkel vacille, rien n’indique pourtant sa chute prochaine, qui n’augurerait rien de bon pour l’Union européenne et surtout pour la France.

Le sommet de tous les dangers ?...

Quant au sommet des 28 et 29 juin prochains, certains s’accordent à dire qu’il serait le "sommet de tous les dangers", quand d’autres aiment à se faire peur pour oublier les priorités de l’Union. Une chose est sûre, les chefs d’État et de gouvernement auront un programme assez dense, avec la question des migrations, la sécurité et la défense entre autre, et devront débattre une nouvelle fois du Brexit ; peut-être la dernière car le Royaume Uni est toujours plongé dans le brouillard et la question agace fortement Bruxelles.

Face à la réunion informelle du 24 juin où quelque 20 états membres seraient absents, les 28 et 29 juin risquent bien de marquer une nouvelle étape dans l’histoire de l’Union européenne, peut-être moins de grand marché, du moins plus de cohésion prenant en compte les aspirations de celles et ceux qui seront invités à s’exprimer en juin 2019 pour les élections européennes ; lointaines élections déjà nappées d’amertume.  

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