En direct de l'Europe. Le berlusconiste Antonio Tajani, nouveau président du Parlement européen

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Depuis mardi 17 janvier, le Parlement européen a un nouveau président : c'est le conservateur italien Antonio Tajani, proche collaborateur de Silvio Berlusconi.

Antonio Tajani, ex-eurodéputé et ancien vice-président de la Commission européenne en charge des transports et de l'industrie sous José Manuel Barroso, succède au socialiste allemand Martin Schulz.

Il lui aura fallu quatre tours de scrutin

Faute de pouvoir empêcher son élection, ses opposants ont au moins réussi à éviter un triomphe. Ce n'est qu'à l'issue d'une interminable journée de tractations et de votes à bulletins secrets que le favori Antonio Tajani, candidat du parti populaire européen, a été élu par 351 voix contre 282 à son compatriote socialiste, Gianni Pitella.

Avant même le premier tour, il a bénéficié du soutien des libéraux, dont le candidat Guy Verhofstadt s'était retiré, fragilisé par une tentative avortée de rallier à son groupe les eurosceptiques italiens du Mouvement 5 étoiles, et pour finir des conservateurs britanniques et polonais.

80 eurodéputés ont voté blanc ou nul, ce qui fait dire à la gauche qu'il est le président le plus mal élu depuis le premier scrutin au suffrage universel en 1979.

Mais Antonio Tajani n'en a cure

A 63 ans, cet ancien journaliste de l'audiovisuel (RAI), co-fondateur du parti Forza Italia et ancien porte-parole de Silvio Berlusconi, poursuit sa longue carrière européenne, avec faconde et prestance. Homme de réseau, habile et polyglotte, il a évincé au sein de son groupe le français Alain Lamassoure, pourtant favori au départ, avant de s'imposer à la tête de l'Assemblée des 28, malgré les critiques sur ses positions conservatrices concernant plusieurs sujets de société et sur sa gestion du Dieselgate alors qu'il était commissaire européen.

Ironie de l'histoire : il succède au socialiste allemand Martin Schulz

Martin Schulz dont la carrière politique avait été lancée par le fait d'avoir été traité de "kapo" par Silvio Berlusconi en 2003, dans l'hémicycle strasbourgeois. C'est Antonio Tajani qui avait ensuite calmé les esprits au sein du Parti populaire européen, poussant l'ancien président du Conseil italien à présenter ses excuses à Martin Schulz. 

Si son prédécesseur a réussi à donner davantage de visibilité au Parlement européen, il devrait sans difficulté pouvoir lui donner un nouveau visage : celui d'un patricien romain souriant et énergique, qui a souligné lors de son élection "Nous n'avons pas besoin d'un président du Parlement européen fort. Nous avons besoin d'un Parlement européen fort".