Culture d'info. Golshifteh Farahani : "Je n'ai pas d'espoir, pour ne pas être déçue"

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Répression sanglante de la contestation à l'abri des regards étrangers, mort du général Qassem Soleimani, avion ukrainien abattu, l'Iran est en ébullition. L'actrice iranienne, qui a quitté son pays en 2008, réagit à ces soubresauts. 

L'actrice iranienne Golshifteh Farahani n'est pas retournée depuis 12 ans dans son pays où vivent toujours ses proches, et elle observe, de loin, une actualité violente et complexe. Golshifteh Farahani voudrait être optimiste mais elle a peur d'être déçue une nouvelle fois.

franceinfo : Comment avez-vous vécu cet enchaînement d’évènements ?  

Golshifteh FarahanSi on écrit un scénario à partir de ce qui s'est passé ces deux derniers mois, personne ne va le produire, parce qu'ils vont dire mais comment ça ? Mais ce n'est pas possible ! Non, ça, personne ne va y croire. Et c'est ça l'histoire de l’Iran, comment est-ce possible, comment un tel niveau d'absurdité ?

C'était la première fois après 11 ans que finalement, parce que j'étais assez désensibilisée par rapport à tout ce qui se passe politiquement en Iran, mais cette histoire de cet avion là, ça m'a touchée. Ça a touché mon âme, et ça m'a rendue vraiment triste. En même temps que je suis là, en France, à l'étranger, je regarde et objectivement, je n'ai pas d'espoir pour ne pas être déçue, désespérée, mais je ne sais pas. Je ne sais pas où ça va se finir.

On a vu énormément de monde pour les célébrations du général Soleimani. Quelques jours après, à cause justement de ce qui s'est passé avec cet avion, la contestation redémarre. C'est un pays plus complexe qu'il n'y paraît ?

Oui, l'Iran, c'est tout ce qu'on ne peut pas comprendre. C'est un pays de contradictions. C'est ça, l'Iran, c'est un pays assez complexe, rempli de contrastes et de contradictions. Il y a un peuple assez cultivé, assez éduqué, assez fort, les femmes, spécialement sont fortes, assez engagées. Et c'est un grand pays situé géographiquement dans un endroit assez stratégique et assez vulnérable, assez fragile.

Ce n'est pas seulement ces 40 dernières années, mais ça fait plus de 100 ans, 1 000 ans, les attaques des Arabes, les Moghols et les rois qui ont vendu le pays, un pays qui a vu pas mal de choses en même temps et qui n'a jamais attaqué personne. C'est dingue. Ça fait peut-être plus de 700 ans que l'Iran n’a jamais attaqué un autre pays et qu'il a été toujours attaqué par l'étranger.

Mais là, il y a une situation paradoxale. La volonté de créer un axe jusqu'à Damas, jusqu'en Syrie, en passant par le Liban, un axe chiite et la population iranienne qui dit : occupez-vous de votre peuple.

Moi, je ne savais pas précisément ce que faisait Soleimani. Mais il est évident que le peuple en Iran souffre beaucoup, surtout économiquement. On a besoin de beaucoup de construction pour le pays pour avoir du travail, pour avoir une vie normale, une vie qui ne soit pas seulement survivre, mais vivre.    

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