Transports en commun : les angoisses des usagers

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Près d'un Francilien sur deux déclare avoir parfois peur d'être agressé ou volé dans les transports en commun, alors que seuls 3,5 % d'entre eux sont effectivement victimes de ce genre de délit.

Insécurité réelle et insécurité ressentie. Comment évaluer réellement cette question? Une personne sur deux a peur en avion, alors qu'elle reste sereine sur la route qui l'amène à l'aéroport. Pourtant, tout le monde sait qu'il est beaucoup plus dangereux de rouler que de voler. Le sentiment d'insécurité des usagers des transports en commun relève du même type de paradoxe.

Comme le souligne Sylvie Scherer, directrice de la Mission Étude Sécurité (MES) à l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme
(IAU)
 d'Île de France, "on constate un très grand écart entre les faits subis par les Franciliens dans les transports en commun, qui oscillent entre  3
et 5%, et un très fort sentiment d'insécurité qui lui est plutôt proche des
50%
".

Les femmes montrent deux fois plus d'inquiétude que les hommes et le RER est considéré comme cinq fois plus anxiogène que le tramway.

On ne peut ignorer l'existence d'un sentiment d'insécurité ni la nécessité de mettre en place des solutions. La vidéo surveillance (ou video protection) en est une. Elle a récemment permis de retrouver des agresseurs en région parisienne. Mais comme le souligne Sylvie Scherer, les caméras ne suffisent pas à prévenir les incivilités. 

"La vidéo surveillance peut être un outil participant à l'élucidation d'un crime. Mais on constate à travers les études anglo-saxonnes que le taux moyen d'élucidation grâce à la vidéo tourne autour de 5%".

On parle aujourd'hui de caméras intelligentes, à reconnaissance faciale et traçabilité , capables de repérer des "comportements inhabituels ou anormaux " ... le débat entre protection et liberté individuelle promet d'être animé. 

D'autres solutions existent comme la modernisation des gares et des rames, pour créer une atmosphère éclairée et apaisée. Ou encore des animations ou des conseils de comportement. Mais le renforcement de la présence humaine sur le terrain reste un facteur essentiel.** **

Jean Lafont, président de la  commission
Politique de la ville et sécurité de la région Île de France
, estime le coût global des effectifs à 50 millions d'euros. Un investissement nécessaire si l'on veut diminuer le sentiment d'insécurité.

Paradoxalement, ce ressenti négatif est en augmentation, alors que le nombre de délits diminue dans les transports en commun depuis quelques années. 

Le temps passé dans les transports en commun est en augmentation . Les usagers ont besoin que ce temps soit utile et apaisé. Si le sentiment d'insécurité est souvent une fabrication de l'esprit, les incivilités dans les transports elles, sont bien réelles et sont le reflet de la société. 

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