Les pilotes "éjectés" se retrouvent au salon du Bourget

Tous les 2 ans, pendant le salon du Bourget qui fermera ses portes demain soir, un club très fermé se réunit : celui des milliers de pilotes qui ont eu la vie sauve grâce aux sièges éjectables.

Martin Baker
fabrique en France des sièges éjectables
et son président Christian MARIE,
reçoit tous les deux ans les anciens et nouveaux pilotes éjectés.
"Ces
pilotes nous confient leurs vies, ça nous oblige à la perfection, et c'est
ainsi que nous avons 100% de réussite : 685 éjections ont été réalisées par nos
sièges fabriqués en France pour 685 vies sauvées."

Plus de 7.000 pilotes ont été sauvés par des sièges éjectables et probablement plus du
double en comptant les dispositifs, également très performants, du bloc de
l'Est. L'usine Martin Baker située dans le Val d'Oise équipe nos avions de
chasse et la quasi- totalité des avions de combat occidentaux de fabrication
française. L'usine ressemble à une manufacture horlogère : la fabrication des
sièges éjectables requiert la plus grande précision, comme l'explique
Gérard Depré, responsable technique et Christian Marie le président : "Un
siège comme celui du Rafale coûte environ 350.000 euros, ce qui n'est pas grand
chose comparé au prix de l'avion et à la vie du pilote".

Entre le
moment où le pilote tire sur la poignée et celui où il est accroché sous son
parachute, il se passe à peine trois secondes, mais qui paraissent une éternité
pour ceux qui l'ont vécu, comme Max Moutoussamy : les moteurs de son Jaguar
se sont éteints en basse altitude.
"On est
tellement crispé lorsqu'on tire sur la poignée que notre corps est comme un véritable bout de bois qui sort de
l'avion!
"

Le général
Brossier, lui, s'est éjecté trois fois, une fois en tant que
pilote de chasse, deux fois en tant que pilote d'essai à bord des prototypes du Mirage 3 et du Rafale. Sa première éjection s'est effectuée sur F84 ...Il y a
51 ans, l'époque de L'étoffe des héros .
"J'ai
eu beaucoup de chance, mais l'éjection dans le métier de pilote de chasse fait
partie des procédures que l'on intègre constamment.
"

Mais tous
n'ont pas eu cette chance, le général Guérin-Talpin, a été obligé de s'éjecter
au décollage après avoir ingéré des oiseaux.
"J'ai
eu droit à l'éjection, mais pas au déploiement de mon parachute, je suis donc
tombé directement sur le béton...et de plus dans les débris en flamme. Les
pompiers sont très vite arrivés, et en arrosant l'avion, ils se sont aperçu
qu'il n'y avait plus de siège éjectable ! Ils sont alors retournés en arrière et
m'ont trouvé dans la mousse...dans un état pas brillant, mais vivant
" ! Il ajoute
"je n'en veux pas aux oiseaux, c'est moi qui suis allé les voir, c'est une
bonne piqûre de rappel" ! 

Au rendez-vous du club des "éjectés" étaient présents Mathieu et Isaak, deux jeunes pilotes de
chasse qui témoignent chacun de leur expérience et surtout de leur
ressenti après être passé si près de la mort.

Des femmes
pilotes de chasse subissent aussi des éjections, l'une d'entre elles revient sur
les circonstances de son accident. Elle s'en est sortie avec des courbatures et
attend avec impatience de pouvoir revoler.

A chaque
éjection, c'est une vie sauvée, Thomas Vinçotte était en ravitaillement au-dessus de la Bosnie sur Mirage 2000. Les matériels ont parfaitement marché, la
décision était la bonne, mais le risque zéro n'existe pas et "c'est
l'entrainement qui nous sauve
. Une fois les liaisons établies, alors que je flottais sur la mer de nuit dans mon "dinghy", (canot de sauvetage gonflable) en contact radio avec les secours qui me demandaient si ça allait, mes premières paroles furent : "ça baigne ! Je ne croyais pas si bien dire" !

Ejection en vol © Martin Baker

Les bonus

*Séquence complète d'éjection
: (dépend du type de siège)

*0.00 seconde: L'éjection commence
lorsque le pilote tire sur l'un des anneaux du siège, placés entre ses jambes

0.25 seconde: Le siège est
projeté hors de l'habitacle, par un canon et les moteurs auxiliaires s'allument. Les épaules
et les jambes du pilote sont bloquées automatiquement par un système de
sécurité.Coupure des liaisons pilote avec
oxygène et radio de bord et alimentation en oxygène secours. (pour respirer en haute altitude)

0.45 seconde: Après une
accélération de 12 à 16g, le pilote se trouve loin de son avion et les
moteurs-fusées s'éteignent

0.50 seconde: L'explosion d'une
charge permet l'expulsion hors du siège d'un premier parachute stabilisateur
qui extrait le petit parachute principal

1.00 seconde: En s'ouvrant, le
petit parachute principal stabilise le siège de façon à ce qu'il soit dans une
position favorable pour l'ouverture du grand parachute principal

En fonction de l'altitude et de
l'accélération

1.50 seconde: Lorsque le grand
parachute principal s'ouvre, les systèmes de sécurité qui maintiennent le
pilote se débloquent, lui permettant d'abandonner le siège qui tombe vers le
sol

2.50 secondes: Le pilote descend
vers le sol ; la balise, le gilet de sauvetage et le dispositif de gonflage du
radeau de sauvetage sont activités

Les sièges russes sont également très réputés, (considérés par certains comme les meilleurs au monde) fabriqués par NPP Zvezda, ils ont sauvé des milliers de pilotes. Cette société fabrique également les combinaisons spatiales.

 

 

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