Dubaï, premier centre de logistique humanitaire au monde

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies, plus de 1,3 millions Syriens sont réfugiés dans les États voisins. Sans compter les 4 millions de personnes déplacées à l'intérieur de la Syrie. Pour comprendre comment s'organise la logistique d'assistance à ces populations en détresse dont les trois-quarts sont des femmes et des enfants, Gérard Feldzer s'est rendu à la Cité Internationale Humanitaire de Dubaï.

La  Cité Humanitaire Internationale créée en 2003 par le gouvernement de Dubaï, est le plus grand centre de logistique humanitaire au monde. 

Marc Molatte y travaille depuis huit ans en tant que chef logisticien pour l ' ONU. Sa mission : équiper les officiers de sécurité, éléments indispensables sur le terrain. "Dubaï
est le centre du monde en terme de logistiques. Qu'est-ce que vous
recherchez en logistique ? Une position géographique, des transports et
des communications. Si vous regardez les plus grands théâtres
d'opérations que nous avons eus ces dernières années, entre les guerres,
les conflits, les catastrophes, les tremblements de terre, Dubaï est au
milieu de tout ça".
En outre, la ville-état dispose d'un des plus
grands ports de containers au monde et d'un accès rapide à cinq
aéroports internationaux. 

"Le gouvernement de
Dubaï accueille tous les acteurs de l'humanitaire. Tout est offert
gracieusement, les bureaux, les magasins."
 

Avec ses
25.000 m2 d'espace de stockage, cette Cité permet à neuf agences des
Nations-Unies et à 44 Organisations Non Gouvernentales de répondre
rapidement aux catastrophes
humanitaires. 

Marc Molatte nous rappelle que l 'ONU, présente dans 114 pays, est constituée d'agences spécialisées : le Programme Alimentaire Mondial fournit la nourriture, l' UNESCO l'éducation, l'UNICEF s'occupe des enfants, le HCR d'organiser les camps de réfugiés dont le nombre est estimé à vingt millions dans le monde.

Assurer le minimum vital des camps de réfugiés avec des tentes, des
kits de survie, des purificateurs d'eau ne peut se faire sans logistique et
sécurité renforcés. 
Marc Molatte a notamment travaillé au Rwanda, où les conditions étaient particulièrement difficiles. 

"Je
me rappelle le Rwanda, des jeunes militaires qui étaient un peu
éméchés, avec les kalachnikovs. On se demande toujours ce qui va se
passer. Je pense à la Somalie, par exemple. Je tire mon chapeau à ceux
qui y sont allés. On a eu des morts là-bas. On en parle pas souvent,
mais on perd des gens". 

Ainsi faut-il fournir matériels et formations assurant la
sécurité, telles que les communications ou les voitures blindées par
exemple. Les services de Marc Molatte en ont envoyées beaucoup en Syrie
où la sécurité s'est détériorée. 

"Si
on vous tire dessus à la kalachnikov, il y a de fortes chances pour que
vous soyez intact à l'intérieur du véhicule. Mais si vous roulez sur
une mine anti-char, on ne garantit rien."

Pour Marc Molatte, le logisticien humanitaire doit être capable de s'adapter rapidement à chaque situation d'urgence.  "Je
me suis baladé en mission dans tout ce que la planète compte de pays
sympathiques : l'Afghanistan, le Pakistan, Mozambique, la Somalie, le
Rwanda. On ne travaille pas sur la logistique telle qu'on la conçoit
dans des pays développés. Il faut un talent d'improvisateur. Je dis
toujours aux gens qui viennent travailler avec moi : la logistique,
c'est facile. Vous vous levez le matin et vous vous demandez à quel
problème vous allez devoir faire face".

Malgré
la solidarité internationale, malgré les savoir-faire, l'écart entre 
l'offre et la demande se creuse davantage chaque jour. La logistique
représente aujourd'hui 80% de l'action humanitaire.

Par ailleurs, nul doute que si Dubai était choisie comme ville d'acceuil pour l'exposition universelle 2020 cette  cité humanitaire se ferait mieux connaitre et pourrait bénéficier de moyens supplémentaires indispensables surtout sur le continent Africain.

 

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