Des poubelles aux réservoirs : le biométhane, un carburant d'avenir

Faire le plein de son véhicule à l'aide de déchets organiques est désormais possible : la première station publique de biométhane-carburant a été inaugurée en octobre 2012 à Forbach, en Moselle.

Ne culpabilisez plus lorsque vous ne
finissez pas votre assiette au restaurant ! Vos restes pourraient bien être
transformés en biocarburant comme dans l'usine de méthanisation de Forbach. Laurent Delolme, directeur commercial chez GNvert, nous explique d'où provient le méthane et comment il est transformé en carburant. Pour le moment, le biométhane reste au moins aussi cher que le diesel, mais l'augmentation de la production contribuera à diminuer les surcoûts.

Le méthaniseur de Forbach
ne permet pas seulement de chauffer et
d'éclairer plus de 2.500 foyers à l'année : il distribue aussi du biométhane
carburant.
Mais produire soi-même à la maison son propre méthane avec ses propres
déchets ménagers reste encore un rêve : une famille aurait juste de quoi rouler en
voiture 300 kilomètres par an, à moins qu'elle ne valorise ses toilettes ou son fumier, comme certains éleveurs le font.
C'est pourquoi il faut voir grand, ne serait-ce que pour amortir le matériel. Aussi les bennes à ordures de la communauté de Lille fonctionnent-t-elles grâce à leurs
poubelles. Les supermarchés, eux, pourraient valoriser leurs tonnes de déchets en les transformant en biocarburant. Didier Parise, directeur des transports de Carrefour, vient de mettre en circulation des camions de livraison roulant au biométhane.

Rouler au gaz naturel pour véhicule
dit GNV est beaucoup moins polluant et moins bruyant. Explications de Patrick Corroller, chef du service Transports et Mobilité à l'ADEME, l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie.

Comme pour l'énergie solaire ou éolienne revendue et injectée dans le réseau électrique EDF, le bio GNV est injecté dans le réseau de Gaz de France. D'après
l'ADEME, à l'horizon 2050, le gaz fournira 45% de l'énergie des transports, dont
une bonne partie sera issue de la production de biogaz.

La France rattrape son retard dans la valorisation
de ses déchets : on estime que les véhicules, dont les bus de ville,
fonctionnant au GNV auront quadruplé en 2020. Même les locomotives diesel
passent au GNV.

En matière de mix énergétique, le biogaz est l'une des solutions parmi d'autres. Patrice Geoffron, professeur à l'Université
Paris-Dauphine
, précise pourquoi et expose ici certains enjeux économiques et politiques de la maîtrise de l'énergie.

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