Vivre à deux dans 9 mètres carrés... en prison

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Conçues il y a 10 ans pour accueillir un seul détenu, la grande majorité des cellules de la maison d'arrêt de Meaux en comptent désormais deux. Si les occupants apprécient d'y avoir une douche, la promiscuité provoque régulièrement des incidents.

A travers le linge qui sèche, à l'entrée de la cellule,
le bruit de la télévision parvient à se frayer un chemin. Assis, l'un sur les
lits superposés, l'autre sur l'unique chaise de la cellule, Mounir et Lamine
regardent plus ou moins l'écran. Il est 10h.
Mounir n'a pas encore déballé ses affaires qui tiennent dans un grand sac
plastique. Il vient de changer de cellule pour mésentente avec son ancien
co-détenu. En 18 mois de prison, il approche de son vingtième déménagement.

"J'ai eu plein de soucis avec des co-détenus qui ne
respectent rien, ne font pas le ménage, ne se lavent pas, d'autres qui vivent la
nuit et dorment le jour. C'est obligé que ça éclate
". Pour Mounir ça a fini par "éclater" pour une "histoire de fenêtre ". L'un voulait la fermer, l'autre
l'ouvrir. "Il a voulu me découper avec une lame ", raconte Mounir.

"On prend une lame de rasoir sur nous "

Des accès de violence favorisés par la promiscuité. Les
9 m2 de cellule sont vite remplis. Cabinet de toilette avec douche et wc à
l'entrée – "le seul point positif ici" dit Mounir - lit superposé, frigo,
placard, table, chaise, armoire à chaussure et meuble de chevet bricolés en
carton, auxquels il faut ajouter les denrées alimentaires stockées de part et
d'autre. L'espace restant au centre est restreint.

Lamine dit malgré tout s'y sentir plus en sécurité qu'à
l'extérieur, en dehors de la cellule. Il explique être "menacé " par un groupe
de jeunes "qui habitent tous dans la même cité et tournent ensemble en
promenade
". Ils ne fréquentent plus la même cour de promenade, mais pour sortir "on prend une lame de rasoir ou une arme sur nous , assure Mounir. Avec un bout
d'assiette cassé, c'est facile de faire une arme.

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