Une ZSP à Annemasse : rassurant ou stigmatisant ?

Même si ce n'était pas un axe fort de sa campagne, il y a un an le candidat Hollande promettait "une nouvelle sécurité de proximité". Depuis cinq mois, Annemasse fait partie des 64 zones de sécurité prioritaires, sur lesquelles les moyens doivent être concentrés. Population globalement rassurée, mais qui se sent parfois injustement stigmatisée.

Quand on se promène dans le quartier du Perrier à
Annemasse, le sentiment d'insécurité n'est pas flagrant. Petits immeubles au
milieu d'espaces verts, gymnase flambant neuf. Un groupe de jeunes tient bien le
mur à la sortie du supermarché. Un peu plus loin quelques guetteurs veillent sur
l'entrée de la seule tour de la ville, dans le quartier du Livron.

"Ici, il n'y a pas vraiment de violences urbaines ",
explique le commissaire de police de la ville Philippe Guffon. Si la zone de
sécurité prioritaire a été mise en place, c'est pour lutter contre les grands
réseaux de délinquance, attirés par la
zone frontière et la riche Genève voisine. Réseaux de trafiquants d'héroïne, venue d'Afghanistan et qui inonde ensuite le
Sud-Est de la France. Réseaux d'exploitation d'êtres humains, via la
prostitution ou la mendicité. Réseaux de cambrioleurs très spécialisés,
souvent liés à l'Europe de
l'Est.

Depuis décembre, les CRS débarquent donc
régulièrement dans les quartiers sensibles d'Annemasse et des villes voisines.
Pour des contrôles ou des actions coup de poing. Dernière en date le
démantèlement d'un réseau de trafic de cannabis dans le quartier du Livron, mi-avril. Quatorze interpellations, deux
Ferrari saisies.

Une présence visible des forces de l'ordre qui satisfait
Myriam, jeune mère de famille. Elle dit ainsi "se sentir en sécurité ". Un des
jeunes qui stationne devant le supermarché et qui préfère ne pas donner son
prénom se plaint lui de contrôles "systématiques " de la part des CRS. Contrairement à ce que font les policiers
locaux ajoute-t-il. Secrétaire
départemental du syndicat Unité-SGP-Police, Thierry Candela complète. "Nous
essayons de créer un dialogue social avec la population. On a un peu de
difficultés à obtenir des tuyaux après le passage des CRS et 15 jours de
verbalisations
". Douze policiers
permanents sont toutefois annoncés d'ici la fin de l'année. Mais pour Alexandra,
qui vit au Perrier depuis plus de 30
ans, c'est le label ZSP qui est en cause,  "ça donne une mauvaise image. Ils feraient mieux d'aller aider les
marseillais
".

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