Propriétaires : 2012, année noire

Le secteur de l'immobilier aurait perdu jusqu'à 10.000 emplois en 2012. A Marseille, les agents immobiliers déplorent une année 2012 "catastrophique", avec des pertes de revenus jusqu'à 50%. La masse de la fiscalité et la baisse du pouvoir d'achat semblent pousser les petits investisseurs à se retirer du marché de la propriété. Investir serait en train de devenir plus pénible que rentable pour les particuliers.

A la chambre syndicale des propriétaires, on parle de "blocage ". Pour Auguste Lafon, président de l'UNPI 13, "c'est la fiscalité qui étouffe les propriétaires. Ils croulent sous les impôts."

Entre les travaux et les taxes, certains de ses adhérents n'arriveraient plus à s'en sortir. Nombre d'entre eux sont d'anciens artisans à la retraite modeste. Un investissement locatif, acheté durant leur vie active, devait leur assurer un complément de revenus. Mais certains comme M. Douhil ou Mme Roca finissent par renoncer.

"Une fois les impôts payés, on n'a souvent plus assez pour les travaux d'entretien. Du coup on n'arrive pas à louer. Et il ne nous reste rien. En plus on est pénalisés quand on garde un logement vide" , se désole cette sexagénaire.

Du côté des agents immobiliers, on parle carrément de "catastrophe" pour l'année 2012. "Le marché est bloqué" , estime Franck d'Urzo. En 15 ans d'exercice à Marseille, il n'avait jamais connu une année aussi mauvaise. "La fiscalité en yo-yo inquiète tout le monde, les vendeurs et les acheteurs" . Du coup pour nous, pas de vente, pas de commission... Selon la FNAIM, la Fédération nationale de l'immobilier, le secteur aurait perdu plus de 10.000 emplois l'an dernier.