Le patron-pêcheur de Paimpol rêve d'un bateau écolo

Sa profession est particulièrement dépendante du prix du gazole : Yannick Hémeury est patron de pêche à Paimpol (Côtes-d'Armor). Pour faire des économies sur sa facture énergétique, il voudrait faire construire un bateau économe et propre. Mais il se heurte à la technocratie.

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Yannick Hémeury est un personnage à Paimpol. Pêcheur de père
en fils, ancien président du Comité local des pêches, vice-président du comité
régional, patron depuis 1987, il connaît tout le monde à la débarque des
poissons à Loguivy-de-la-Mer, à quelques kilomètres de Paimpol. C'est là que
les bateaux déposent leur poisson, sur le quai, ou leurs crustacés, dans les
viviers flottants, un peu plus loin dans la mer. Le paysage est "idyllique" ,
comme il dit, face à l'archipel de Bréhat. Ce port est le seul de Bretagne à
bénéficier de viviers flottants pour conserver les araignées, les homards, les
tourteaux, sans oublier les fameuses coquilles Saint-Jacques de la baie de
Paimpol.

Seule ombre au tableau, le bateau de Yannick Hémeury, le
"Frelsy" ("liberté" en islandais), avec ses cinq matelots à
bord et ses 15 m de long, consomme
beaucoup trop de carburant. A 75 centimes le litre de gazole, ce patron-pêcheur
dépense 50.000 euros chaque année pour son moteur, contre 30.000 il y a 10 ans.

Voiles automatiques, moteur à hydrogène

Face à cette hausse, il n'y a pas 36 solutions pour Yannick
Hémeury, il faut construire "le bateau du 21ème siècle".

Plusieurs pistes s'offrent à lui : un projet de bateau de pêche à hydrogène
conçu par Charles Braine, un ancien du WWF, devenu pêcheur en Bretagne, et
associé à un architecte naval. Ou un projet de navire hybride, avec un moteur
électrique et des voiles automatiques pilotées par ordinateur, comme celles que
conçoit Pierre-Yves Glorennec sur un bateau-pilote à Saint-Malo.

Ces projets le font rêver, mais Yannick Hémeury se heurte aux
autorités. Il faut en effet convaincre la Commission européenne de Bruxelles
que ce bateau de l'avenir, avec des voiles en plus de son moteur, ne favorisera
pas la surpêche. Comme les pêcheurs sont soumis à des quantités limitées de
filets ou de casiers de pêche, un navire plus économe ne devrait pas les
entraîner à pêcher davantage. Mais pour Yannick Hémeury, "il y a trois
mondes, l'administration française, Bruxelles, et les marins-pêcheurs".

En tous cas, ce patron-pêcheur refuse d'être fataliste ou misérabiliste.
Pour lui, si le litre de gazole atteint un euro, le seul avenir réside dans le
bateau de pêche économe et propre. Il s'agit de sauver la profession, tout
simplement.

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