Le combat des associations pour une Guadeloupe non violente

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Avant Marseille, avant la Corse, la Guadeloupe détient le taux le plus important d'homicides en France. Près de 40 morts depuis le début de l'année pour une île qui compte plus de 400.000 habitants. A Pointe-à-Pitre, des associations se sont créés pour tenter de mobiliser la population contre la violence. Le reportage de Stephane Pair.

Dans le quartier
de l'assainissement à Pointe-à-Pitre, tous les âges, toutes les couches sociales
se croisent sur marché aux fruits et aux légumes. C'est là que l'association Guadeloupe Non Violente   commence sa tournée pour tenter de mobiliser
la population pontoise. Tenter de déclencher une réaction, un sursaut, parmi les
habitants.

Parmi la poignée
de militants, des instituteurs, un gendarme, une étudiante. La question de
l'insécurité délie aussitôt les langues, provoque de la colère et de la
frustration. "Il faut dire stop ", dit Claude Lalonde qui préside Guadeloupe
Non Violente
. "Notre pays est trop petit pour une telle criminalité. Tous les
jours, il se passe quelque chose de violent ici, un cambriolage, une agression,
ça suffit !
".

Un jeune sur deux sans emploi

Aux côtés des
membres de l'association, des policiers de l'UNSA Police tractent également sur
le marché. "On ressent la même chose que la population ", explique Christian
Vainqueur de ce syndicat policier majoritaire en Guadeloupe. Un sentiment de
colère et d'abandon aussi. Face à eux, les Pontois parlent de leur vécu en
matière d'insécurité. Beaucoup de récits d'agressions, de vols de bijoux sur la
voie publique. Rares sont ceux qui évoquent la question de la drogue et du
trafic. Beaucoup remettent en cause la politique de l'Etat et l'absence de
perspective pour cette jeunesse qui vit dans et de la rue. En Guadeloupe, plus
d'un jeune sur deux de moins de 25 ans est au chômage et un quart de la population n'a pas
d'emploi.

Malgré l'action
de la police, la délinquance a toujours été et reste plus importante à
Pointe-à-Pitre que sur le reste de l'ile. Les Pontois ont une certaine habitude
des endroits à éviter, des heures où ne pas sortir mais leur sentiment
d'insécurité semble s'être aggravé ces derniers mois. Un sentiment peut-être
confirmé par les derniers chiffres de la délinquance générale de l'Observatoire
Nationale de la Délinquance. Après trois années de baisse consécutive, les faits
semblent repartir à la hausse depuis le début de l'année. Mais en dehors du
nombre d'homicides, ils n'explosent pas pour autant avec près de 7.500 faits fin
septembre (+13%).

L'insécurité au coeur des municipales

A
quelques mois des municipales, ce sentiment d'insécurité pourrait bien devenir
un enjeu politique important, au même titre que l'éducation ou l'emploi.
Certains redoutent même qu'il écrase ces autres thèmes dans les débats à venir.
Des élus de droite comme de gauche ont déjà utilisé cette corde sensible par le
passé dont le Guadeloupéen Victorien Lurel, l'actuel ministre socialiste des
Outre-Mer...


Toute la semaine, France Info est en Guadeloupe pour tenter
de comprendre cette vague de violence sans précédent sur l'ïle. Violences
familiales, règlements de comptes entre dealers et délinquance à la hausse. A suivre mercredi, un reportage sur le phénomène des bandes violentes.