La piste polonaise

Retour à Saint-Laurent dans le Lot-et Garonne, pour ce dernier épisode de notre feuilleton agricole. Lundi on a pu entendre des paysans qui se désolaient du manque de candidats pour la reprise de leurs exploitations. Mais l'espoir de ce petit village de 500 habitants se trouve peut-être du côté des travailleurs saisonniers. Ils sont en effet de plus nombreux à venir des pays de l'Est, notamment de Pologne.

Le durcissement de la législation française en matière d'accueil des travailleurs immigrés a changé la donne. Pour embaucher des saisonniers venus du Maroc, comme cela se fait ici depuis les années 60, il faut désormais leur garantir des contrats
longs. Mais en hiver, les besoins sont beaucoup plus ponctuels qu'en été.

Depuis quelques saisons, les agriculteurs de Saint-Laurent font donc régulièrement appel à des travailleurs qui circulent sans problèmes en Europe et tout particulièrement des Polonais.

Waldeck, Michal, Agnieszka, Gregor ou Wiktor ne travaillaient pas du tout dans l'agriculture en Pologne. Mais en venant en France, ils sont payés au smic, soit près du triple de leurs précédents revenus.

Venus en voiture dans le Lot-et-Garonne, ils offrent leurs services aux exploitants. Et trouvent facilement du travail. Certains s'imaginent même rester dans le Sud-Ouest pour s'installer, voire pour reprendre un jour une exploitation. Du pain bénit pour cette petite commune où les propriétaires vieillissants ont de plus en plus de mal à trouver des repreneurs. Ce sang neuf venu d'Europe de l'Est pourrait même être la planche de salut des terres agricoles de la région.

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