La jeunesse, vraiment une priorité ?

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Douze mois après l'élection de François Hollande, quel regard portent les Français sur son début de mandat ? Toute la semaine, France Info est à Annemasse, ville de Haute-Savoie qui avait voté exactement comme l'ensemble du pays le 6 mai dernier (51,8% pour François Hollande, 48,2 pour Nicolas Sarkozy). Mission locale pour l'emploi des jeunes, PME industrielle qui sort d'un plan social, quartier récemment classé zone de sécurité prioritaire, cabinet de gestion de patrimoine... nous sommes allés voir ce qui avait ou non changé depuis un an dans le quotidien de chacun.

A la mission locale pour l'emploi, les 16-25 ans n'ont pas le
sentiment d'avoir été la principale préoccupation du début de quinquennat.
Pourtant, les premiers contrats d'avenir sont signés. La ville va aussi bénéficier
de cinq postes d'enseignants supplémentaires dans le primaire.

Coincée au rez-de-chaussée d'un petit immeuble du quartier du
Perrier, la mission locale voit défiler les 16-25 ans à la recherche d'un emploi
ou d'une formation. Pas mal de détresse sociale aussi. Azedine, 20 ans, qui
espère devenir plombier, est venu chercher ce matin là un chèque de 56 euros.
Une aide "pour manger ". Lui qui a déjà du dormir dans la rue est en ce moment
hébergé chez un ami. "La priorité à la jeunesse " promise par François
Hollande, "on ne la voit pas ", assène-t-il.

A ses côtés, Abdeljellil, 24 ans, contient sa colère. Le 15
mars dernier, lui et sa femme se sont fait expulser de l'appartement qu'ils
louaient. Pas assez de revenus pour honorer le loyer. Abdeljellil a pourtant un
master en économie et finance. Cela fait huit mois qu'il cherche du travail. Il
enrage de voir lui passer sous le nez les contrats aidés, réservés aux profils
non-qualifiés.

Un contrat emploi d'avenir que s'apprête à signer Alexis, 22
ans, tout sourire. C'est la Poste qui l'engage pour devenir facteur. Une
quarantaine de ces contrats créés l'automne dernier ont été conclus ici depuis
la mi-décembre. "Les collectivités locales jouent le jeu ", se réjouit Sandrine
Deschamps, directrice de la mission locale. "Sur le Genevois, le premier
trimestre a été très calme en terme d'offres d'emploi, si on n'avait pas eu ces
emplois d'avenir, on n'aurait rien eu à proposer à ces jeunes
".

Cinq postes d'enseignants créés dans le primaire

Parmi les principaux pourvoyeurs de ces emplois d'avenir, la
municipalité. "On va en créer une vingtaine ", se félicite le maire PS
d'Annemasse, Christian Dupessey. Mais pour lui le principal changement depuis un
an concerne l'école. Sa ville bénéficiera à la rentrée prochaine de cinq postes
d'enseignants supplémentaires. "Pendant longtemps, on était content de ne pas
avoir de suppressions de postes, alors qu'on a 150 élèves de plus par an
".

Autre évolution à la rentée prochaine à Annemasse, la mise en
place des nouveaux rythmes scolaires. "Mieux adaptés pour les enfants " salue
Margot, animatrice péri-scolaire de 22 ans. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir la
dent dure contre François Hollande, "Président qui ne tient pas la route ".
Payée au SMIC, ses heures supplémentaires sont désormais fiscalisées. La jeune
femme va devoir s'acquitter cette année de 188 euros d'impôt.

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