1954-1962 : l'Algérie dans l'objectif des appelés français

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Après l'appel lancé l'année dernière par France Info, la Fnaca et les Editions des Arènes, des centaines de photos d'anciens appelés du contingent en Algérie sont sorties des cartons. Certaines d'entre elles, en couleurs, ont été rassemblées dans un livre publié cette semaine : L'Algérie en couleurs. Des documents qui montrent la vie quotidienne en Algérie, avec la guerre en toile de fond. France Info est allé à la rencontre de ces soldats-photographes.

**Bonus : la prisonnière et les rafles

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(Radio France © RF / Sébastien Baer)
René Fagnoni, 74 ans, a été appelé en Algérie de mars 1957 à juin 1959. Il fait d'abord ses classes dans le Constantinois avant d'être affecté au secrétariat du major, dans les Aurès. Cette affectation lui évite d'être en première ligne dans cette guerre à laquelle il était opposé. “J'ai été littéralement assommé quand j'ai reçu ma feuille de route pour le centre d'instruction du 7ème régiment de tirailleurs algériens, c'était ce que l'on appelle communément la chair à canon”, raconte René Fagnoni. Il profitera de ses deux années de présence en Algérie pour prendre des photos. Il évoque l'un de ses clichés. Une femme assise, dans la ville de Corneille, à proximité d'une rangée de barbelés.

(Radio France © RF / Sébastien Baer)
Stanislas Hutin, 81 ans aujourd'hui, jeune séminariste à l'époque, est nommé instituteur quand il arrive en Algérie en 1955. Il est déployé d'abord dans la région de El-Melia puis dans les Aurès. Farouchement convaincu que la guerre est perdue d'avance pour la France, il hésite à déserter. “Tout ça me faisait mal aux tripes, je ne pouvais pas imaginer faire la guerre à des gens qui voulaient leur indépendance. Les troupes françaises partaient à la guerre. Après la défaite en Indochine, ils se disaient "on va pas nous faire le coup deux fois". Et ils se disaient "les Arabes, on va se les farcir en moins de deux"”. De retour en France, Stanislas Hutin refuse de toucher la pension que lui offre la France. Il reverse l'intégralité, chaque mois, pour financer des projets de développement en Algérie. “Pour moi, c'est de l'argent sale. On ne peut pas utiliser cet argent pour nous. C’était inique et ça n'a servi à rien, donc on ne peut pas avoir de l'argent pour ça. Donc c'est une façon de continuer à manifester contre la guerre”. Il évoque l'une de ses photos, sur laquelle on découvre des soldats français qui escortent un convoi de musulmans. Il s'agit d'une rafle.

(Radio France © France Info)

**Lundi : Marc Garanger et ses 20.000 clichés d'Algérie

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5 JOURS A LA UNE/ PHOTOGRAPHE ALGERIE MARC GARANGER
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(Radio France © France Info)
Marc Garanger, 76 ans aujourd'hui, avait 25 ans en 1960 quand il est appelé à participer aux "événements" d'Algérie. Farouchement opposé à cette guerre, il est affecté dans un régiment d'infanterie, dans les montagnes, au sud de la Kabylie, aux portes du désert.

Photographe professionnel depuis plusieurs années déjà, il décide alors de témoigner de l'horreur et de l'inanité de la guerre.

Il tend un piège à son commandant, en laissant traîner des photos qu'il a emmenées avec lui en Algérie. Séduit, le commandant le nomme photographe du bataillon. Dès lors, avec son Leïca, Marc Garanger ne va avoir de cesse de photographier les exactions, les cadavres des membres du FLN que le commandant exhibe comme des trophées, ravi de présenter son "tableau de chasse".  A son retour d'Algérie, en 1962, Marc Garanger va publier ses photos dans de nombreux magazines.

Photographe aujourd'hui mondialement connu, il a réalisé 20.000 clichés en Algérie.

 

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