Cinéma week-end. "Wild life : une saison ardente", tout en délicatesse

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

A 34 ans, l'acteur Paul Dano signe son premier film comme réalisateur, adapté du roman de Richard Ford.

Souvent abonné aux seconds rôles, mais remarqué dans Little Miss Sunshine, There will be blood et Okja pour la délicatesse de son jeu, Paul Dano est tout aussi sensible derrière la caméra, Wild life : une saison ardente est un drame familial délicat qui révèle un cinéaste plein d'avenir. Joe a 14 ans, il assiste impuissant à la séparation de ses parents.  

J'aime faire un pas de côté par rapport à moi et notre époque, aller dans un autre monde nous aide à y voir clair

Paul Dano

Nous sommes dans les années 60 dans une petite ville américaine, quand le père Jake Gillenhall, humilié par son patron perd son travail, la famille se délite et la mère, Jeanette, éblouissante Carey Mulligan va s'émanciper en tombant dans les bras du premier venu, son personnage et sa prestation sont dignes des grands rôles féminins du grand Hollywood. Paul Dano filme ce drame depuis le point de vue du fils. Wild life ne se situe pas par hasard dans les années 60, mais Paul Dano, en laissant de la place au spectateur y voit une histoire universelle.      

Autre acteur réalisant son premier film, Rupert Everett et The happy prince. Il y a entre le cinéaste et Oscar Wilde bien des points communs, Rupert Everett filme et joue les dernières années de l'écrivain, en France, à son retour de deux ans de travaux forcés. Brillant, mondain, Wilde est le chouchou de Londres à la fin du XIXème siècle, mais quand il poursuit pour diffamation le père de son jeune amant, Lord Alferd Douglas, l'Angleterre victorienne lui fait payer cher son extravagance et surtout son homosexualité. Rupert Everett est très investi dans ce personnage qu'il n'épargne pas, c'est un Oscar Widle attachant mais égotique, dur avec ses propres amis qui sombre dans la déchéance et mourra dans le dénuement. The happy prince a parfois les lourdeurs de son classicisme, mais on est touché par ces personnages et les acteurs qui portent cette soif de liberté.  

Grass du coréen Hong Sangsoo.  Tel un Eric Rohmer asiatique, Hong Sangsoo joue avec les sentiments amoureux dans des face à face enrobés de noir et blanc, de mélancolie et passablement arrosés d'alcool fort. Si l'exercice peut parfois donner l'impression de tourner en rond, dans Grass, en 1h 06 seulement, il atteint un état de grâce. Dans un café où le patron passe non-stop de la musique classique, les couples en plus ou moins bon état, défilent sous le regard voyeur d'une jeune fille qui prend des notes de ces conversations sur son ordinateur. Sa solitude fait écho à ces histoires d'amour qui se répètent, se ressemblent, sans jamais être les mêmes.  

C'est bientôt Noël et le cinéma c'est aussi des livres. Robert Guédiguian, 40 ans de cinéma et déjà trois livres consacrés à sa carrière, le dernier Guédiguian par Christophe Kantcheff aux éditions de l'Atelier, revient sur cette filmographie, par thèmes, l'amitié, Marseille, la politique, agrémenté d'un long entretien. De Dernier été à La villa en passant évidemment par Marius et Jeannette, cet ouvrage raconte une vie d'homme et de cinéaste, avec des photos émouvantes de la bande de l'Estaque, Robert Guédiguian, Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin, qui traversent le temps.      

https://bit.ly/2rOQ2pt

Vous êtes à nouveau en ligne