Cinéma Week-End. "Trois Étés" de Sandra Kogut, avant l'arrivée au pouvoir de Bolsonaro au Brésil

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Malgré les restrictions imposées par l'épidémie de coronavirus Covid-19, 100 personnes maximum par salle, et non par multiplex, malgré les sorties reportées, on peut encore aller au cinéma, pour y voir, entre autres, "Trois Étés" de Sandra Kogut.

Ces Trois Étés, le film brésilien réalisé par Sandra Kogut, sont ceux qui ont précédé l'arrivée au pouvoir au Brésil de Jaïr Bolsonaro en 2018, quand les scandales de corruption occupaient toute l'actualité.

Dans une famille riche qui se retrouve dans sa maison de vacances pour les fêtes de fin d'année, l'été austral au Brésil, Mada, la pétillante Regina Casé, est une gouvernante charismatique. Quand ses patrons sont rattrapés par leurs affaires douteuses, elle se retrouve, dès le deuxième été, à la tête de tous les employés de maison, dans une immense villa désertée par ses propriétaires.

Privée de salaires mais vivant dans le luxe, cette petite communauté apprend à se débrouiller sous la férule de Mada qui s'occupe aussi, avec dévouement, du vieux patriarche abandonné comme un meuble ancien. Sandra Kogut passe par l'intime et l'humour pour décrire l'évolution des moeurs, le mythe de la réussite individuelle néo-libérale qui ont permis l'accession au pouvoir de l'extrême droite.

La Bonne Épouse de Martin Provost avec Juliette Binoche

Une comédie sur un sujet méconnu aujourd'hui, les écoles ménagères, où durant un siècle, les jeunes françaises apprenaient à devenir des épouses parfaites, en clair, totalement soumises. Quand mai 68 arrive, le patriarcat prend une bonne claque, et ces écoles vont vite disparaître, c'est au tournant de ces événements historiques que se situe le film.

Paulette Van der Beck, Juliette Binoche, qui dirige l'un de ces établissements en Alsace va, poussée par ses élèves, ouvrir les yeux sur l'aliénation qu'elle enseigne et subit en tant que femme.


Dans la filmographie de Juliette Binoche les comédies sont rares, mais comme dans Ma Loute de Bruno Dumont, ou l'hilarant épisode de la série Dix pour cent, elle excelle dans le genre. Entourée dans La Bonnne Épouse de Yolande Moreau et Noémie Lvovsky tout aussi efficaces, Juliette Binoche prend un évident plaisir à jouer la comédie.

Un fils de Mehdi Barsaoui, atteste une fois de plus de la vivacité du cinéma tunisien

Porté par la révolution de Jasmin, une génération de jeunes cinéastes raconte dans des styles très personnels les mutations en cours dans un pays encore fragile.

Un couple heureux et son enfant semblent incarner cette ère nouvelle, quand ce fils reçoit une balle perdue lors d'une attaque terroriste. Cette tragédie va révéler un secret familial qui porte des enjeux lourds : la place de la femme, l'honneur d'un père, les aprioris religieux, alors qu'une course contre la montre est engagée pour sauver cet enfant. Mehdi Barsaoui et Sami Bouajila, le père, sont d'autant plus convaincants que la sobriété d'Un fils est remarquable pour un premier film.

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