Cinéma week-end. "Teddy", un loup-garou bien de chez nous

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Le premier film de Zoran et Ludovic Boukherma vient confirmer la bonne tenue du cinéma de genre français. Comme La Nuée de Just Philippot, Teddy a les deux pieds dans la terre.

Teddy, 19 ans, vit dans les Pyrénées chez un oncle adoptif, travaille dans un salon de massage et fait des plans hors de portée pour lui, avec sa copine Rebecca. Un soir de pleine lune, il est griffé par une bête inconnue, commence alors la métamorphose classique, nous sommes bien dans un film de loup-garou.

On vient des classes populaires et les gens qu'on montre sont proches de ceux qu'on a connus.

Ludovic Boukherma

Mais les frères Boukherma ne se contentent pas de suivre les codes du genre, ils parlent d'une campagne qu'ils connaissent bien, font tourner des non-professionnels et brouillent les pistes entre cinéma rural, social, horreur et comédie. Teddy est déroutant, efficace et touchant. Une fois de plus le jeune Anthony Bajon séduit par son jeu très physique. Dans l'arrière-boutique du duo de réalisateurs, il y a des valeurs sures et des choses plus personnelles.       

De l'or pour les chiens d’Anna Cazenave Cambet  

Contrairement aux apparences il ne s’agit pas d’un film d'apprentissage, plutôt d’un portait de jeune femme. Esther, 17 ans, a travaillé comme saisonnière dans les Landes, au bord de l'océan, très amoureuse d'un garçon qu'elle a connu durant l'été, elle part à sa recherche à Paris, mais n'y trouvera que son indifférence et la solitude urbaine.

Oui, il y a de la brutalité, mais raconter les débuts de la sexualité d'une jeune femme est brutal.

Anna Cazenave Cambet

C'est dans un couvent de religieuses qu'elle va se réfugier, point de révélation mystique là-dedans, la réalisatrice n'impose rien, mais filme au plus près sa jeune actrice, la très étonnante Talluha Cassavetti. Il y a dans De l'or pour les chiens des thématiques intemporelles sur l'éveil des sentiments, mais Anna Cazenave Cambet capte sans jugement des comportements très générationnels, un rapport brutal à la sexualité qui en dit long sur l'époque.      

Sous le ciel d'Alice de Chloé Mazlo  

Pour son premier film, la réalisatrice nous embarque au Liban dans les années 50 quand le pays multiculturel était surnommé la Suisse du Proche-Orient. Et c'est une jeune suisse, Alice, Alba Rohrwacher, qui s'installe à Beyrouth alors ville joyeuse et festive, où elle tombe amoureuse de Joseph, un astrophysicien qui rêve d'envoyer le premier libanais dans l'espace.

C'est dans cet univers bienveillant et acidulé  que le conte vire au drame avec l'arrivée de la guerre civile, de la dolce vita à la tragédie, Chloé Mazlo filme avec mélancolie le pays de ses origines.        

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