Cinéma week-end. "Neruda", l'anti-biopic de Pablo Larrain

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Des loups sauvages dans les Alpes, une institutrice passionnée et le poète chilien Pablo Neruda, un programme très varié cette semaine.

Hélène Angel a du mérite et du nez

Le mérite d'avoir affronté le thème de l'école au cinéma, sans tomber dans les clichés, le nez d'avoir choisi Sara Forestier pour le rôle principal de son film Primaire.

Avec un peu plus de 11 000 entrées mercredi dernier, Primaire fait un très bon démarrage, dans un contexte difficile pour le cinéma français. Sara Forestier porte ce film à bout de bras, elle excelle en institutrice qui surinvestit sa mission quand arrive dans son école un gamin perdu, abandonné par sa mère et violent, au point d'oublier son propre fils et sa vie de femme.

Il y a chez Pablo Larrain un don

Celui de raconter l'histoire tumultueuse du Chili, son pays, en choisissant des épisodes très précis, loin des fresques historiques. Neruda est tout sauf un biopic, le réalisateur pose sa caméra sur l'année 1948, quand avec l'arrivée au pouvoir du très droitier président Videla, la chasse aux rouges est lancée, en pleine guerre froide.

"Neruda est une lumière qui illumine tout le monde

Pablo Larrain

Gael Garcia Bernal, déjà lumineux dans No du même Pablo Larrain, est l'inspecteur Peluchonneau, chargé de traquer le poète communiste, le film suit ce jeu de pistes, dans lequel Neruda joue avec le policier qui est à ses trousses. Pablo Larrain est imprégné de la poésie amoureuse et politique de Neruda, il en fait un portrait haut en couleurs, celui d'un homme débordant de vie.

Jean- Michel Bertrand réinvente le genre du film animalier

Loin d'Hollywood, Jean-Michel Bertrand fait des films animaliers qui réinventent le genre. Six ans après Vertige d'une rencontre dans lequel il traquait l'aigle, chez lui, dans les Hautes-Alpes, il revient dans les paysages enchanteurs du Champsaur, avec La vallée des loups.

Je voulais filmer l'animal dont tout le monde parle et que peu de gens voient

Jean-Michel Bertrand

Si Neruda n'est pas un biopic, La vallée des loups n'est pas un documentaire animalier. Pendant trois ans, soit 12 saisons, Jean-Michel Bertrand a cherché le loup dans ses montagnes, il mettra un temps fou à le trouver après l'avoir aperçu au début de sa quête, et c'est cette recherche qui fait tout l'intérêt du film. Parcours initiatique, voyage intérieur, avec son commentaire off chuchoté qui mêle récit de galères dans une tempête de neige et réflexions philosophiques sur la place de l'homme dans la nature. La vallée des loups se suit comme un polar mystique et écolo. Jean-Michel Bertrand montre une nature sauvage sublime qu'on pensait disparue en France et fait un cinéma qui mêle moyens sophistiqués et bouts de ficelles.