Cinéma week-end. "Lourdes", même sans miracle

Le documentaire de Thierry Demaiziere et Alban Teurlai accompagne les pèlerins qui se rendent chaque année au rocher de la Vierge.

Les images de Lourdes se résument généralement à des cars remplis de malades, de foules pieuses venues du monde entier et de boutiques de souvenirs, marchands du temple enrichis par des croyances naïves. Ce film montre tout autre chose, une humanité en quête de chaleur, de bienveillance et assez lucide sur la possibilité d'un miracle.  

L'infirme qui d'habitude se cache est un peu le roi à Lourdes

Thierry Demaizière

Les deux documentaristes suivent plusieurs pèlerins, un enfant atteint d'une maladie orpheline venu avec son père prier pour son frère, encore plus malade que lui, un homme qui a la maladie de Charcot et qui se sait condamné, des personnes lourdement handicapées. Pour eux, toucher le rocher de la Vierge est bien plus qu'un geste religieux, Alban Teurlai et Thierry Demaizière offrent à ce peuple d'invisibles dans notre quotidien, un écrin de beauté.      

Astrid de Pernille Fischer Christensen

C'est le biopic de l'auteure suédoise de Fifi Brindacier, classique de la littérature jeunesse. Avant d'être une sommité dans son domaine, Astrid Lindgren a eu une jeunesse tumultueuse dans la Suède très conservatrice du début du XXe siècle. À 16 ans, cette adolescente qui rit tout le temps notamment de la pudibonderie de ses parents, très chrétiens, a eu une histoire d'amour avec un homme marié. Enceinte, elle fuit au Danemark, plus tolérant, pour faire naître son enfant.

J'ai réalisé que je ne connaissais rien de l'histoire des femmes

Alba August

Le film, classique dans sa forme, est un beau portrait d'une jeune femme libre, anticonformiste, résiliente et surtout méconnue, sinon par son œuvre. C'est la fille du réalisateur danois Bille August, deux fois Palme d'or à Cannes, la lumineuse Alba August qui incarne Astrid.    

Les Crevettes Pailletées 

Irrésistible comédie gay de la semaine, avec cet opus Cédric Le Gallo et Maxime Govare osent et réussissent un film joyeusement exubérant dans le milieu gay : un nageur professionnel ayant tenu des propos homophobes, est condamné par sa fédération à préparer une équipe de water-polo homo aux gay-games.

On a tourné dans les vrais gay-games c'était très émouvant et ça avait du sens

Cédric Le Gallo

Le film déborde de drôlerie et assume le côté "dingote" de ses personnages, un charmant plaidoyer pour la tolérance qui a séduit le public : près de 200 000 entrées mercredi 8 mai, jour de sortie. Le genre de film dont on rêverait de voir le making-off.                      

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