Cinéma week-end. "Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait" : l’amour toujours

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 Le film d’Emmanuel Mouret est un marivaudage contemporain, d'un cinéaste expert en histoires sentimentales.   

Emmanuel Mouret se sert du cinéma pour parler d'amour sans souci de réalisme, même si ses personnages sont ancrés dans leur époque. Le domaine du possible, du côté des sentiments, est son terrain de jeu favori, et la langue, subtile, élégante, son meilleur outil. Daphné, Camelia Jordana, rencontre Maxime, Niels Schneider à la campagne, en l'absence de François, Vincent Macaigne, le compagnon plus âgé de Daphné.

Il n'y a pas de conflits ouverts mais le film est néanmoins très cruel.

Emmanuel Mouret

Les deux jeunes gens se découvrent en se racontant leurs vies sentimentales, le film déroule des scènes du passé, des relations amoureuses pimentées de désirs inavouables, de pulsions, de mensonges.

Chaque spectateur y trouvera de quoi raviver des souvenirs personnels. Dans ce dédale d'émotions, le personnage de Louise, l'ex de François, géniale Émilie Dequenne, est le plus surprenant, sa réaction face à la trahison pleine de résilience apporte une touche polar touchante, car chez Emmanuel Mouret la passion amoureuse se conjugue sans éclats de voix.    

Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal  

Avec Caroline Vignal, on passe du marivaudage au vaudeville, mais pas seulement. Laure Calamy qui a enfin un premier rôle, est hilarante dans la peau d'Antoinette, institutrice qui course, avec un âne, son amant dans les Cévennes où ce parent d'élève est parti en vacances en famille, annulant au dernier moment une coupable escapade amoureuse.    

Je m'étais dit que je ne ferais pas de cinéma.

Laure Calamy

Laure Calamy hilarante, mais aussi touchante et profonde dans cette randonnée dont le but n'est finalement pas de retrouver l'homme aimé, mais bien de se trouver soi-même. Révélée par la série télé Dix Pour Cent, Laure Calamy vient du théâtre, où elle fait une belle carrière, le cinéma lui tend les bras, elle fonce.    

Honeyland est le documentaire de la semaine  

Honeyland est un film de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov. Ils ont suivi, dans un coin perdu de Macédoine, une apicultrice vivant seule avec sa mère malade, dans un dénuement extrême. Cette femme courage, qui aurait bien aimé fonder une famille, parle aux abeilles qu'elle connaît par cœur et respecte, quand s'installe près de chez elle une famille itinérante.

Accueillante, attachée aux enfants, cette paysanne va vite déchanter quand ces étrangers maltraitent son environnement au péril de sa ruche et de ses abeilles, un beau documentaire sur une relation rare entre une femme et la nature.  

Pas de festival de Cannes cette année, mais ce soir, 19 septembre, sur la Croisette, on fête Federico Fellini et son musicien attitré, Nino Rota 

Sur la plage, dans des transats, le nez dans les étoiles, le public est invité à écouter l'orchestre de Cannes interpréter quelques-unes des musiques de film de Nino Rota, composées pour le maître Federico Fellini. La Dolce Vita, Casanova, Prova d'orchestra, Les Clowns, en regardant sur grand écran des extraits de ces films cultes, comme Huit et demi.        

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