Cinéma week-end. "Le sens de la fête" écrase "Blade Runner 2049"

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Une comédie française qui devance largement un blockbuster américain, c'est l'effet Nakache-Toledano.

110 000 entrées mercredi pour Le sens de la fête

C'est presque deux fois mieux que Blade Runner 2049. Jean-Pierre Bacri en tête d'affiche et les pères d'Intouchables aux commandes, le feel-good movie à la française, ça marche. Ce qui fonctionne dans ce film, c'est le scénario, rythmé, sans faille, un mariage bourgeois vu côté coulisses, avec un traiteur, Jean-Pierre Bacri en panique.

On essaie de faire basculer le spectateur là où il ne s'y attend pas

Eric Toledano

C'est aussi le casting, tout le cinéma français dans sa diversité, de Gilles Lelouche à Vincent Macaigne. C'est enfin le flair des deux réalisateurs qui captent l'air du temps. Ils ont écrit Le sens de la fête après les attentats de 2015, avec une envie : faire un film qui fasse du bien, feel-good movie en anglais, dans lequel on trouve un condensé de la société française, d'où la préférence pour le mélo final.   

Michael Haneke serait-il lui aussi un auteur de comédie ?

Le cinéaste autrichien, deux fois palmé à Cannes, grand spécialiste des pires turpitudes humaines, déroute son public avec Happy End.    

Michael Haneke raconte autant sur lui-même que sur les autres

Isabelle Huppert

Dans une famille bourgeoise de Calais, tous les vices sont passés en revue : La cupidité, la luxure, la lâcheté, jusqu'au crime, le tout à grosse dose de cynisme. Un sens du surlignage auquel Michael Haneke ne nous avait pas habitués. Faut-il voir ce film au cinquième degré, se dire que même les meilleurs parfois échouent, ou se dire qu'il s'agit d'une comédie ?

Latifa, le cœur au combat d'Olivier Peyon et Cyril Brody

C'est un documentaire saisissant sur Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad, tué par Mohammed Merah en 2012, le film sort alors que s'est ouvert le procès des complices présumés du terroriste. Depuis la mort de son fils, Latifa Ibn Ziaten est sur la route, en permanence, elle n'arrête pas. De collège en lycée, de prison en cité, elle porte la bonne parole, celle de la tolérance, contre l'obscurantisme.

Latifa Ibn Ziaten est le premier exemple positif pour ces jeunes, d'une musulmane qui défend la république et la laïcité

Olivier Peyon

Femme de caractère, immigrée marocaine qui a choisi sa vie, fervente musulmane et républicaine, on la découvre, avec sa douleur, sa force, sa naïveté aussi. Le grand mérite de ce documentaire, c'est de montrer les réactions qu'engendre la parole de Latifa Ibn Ziaten, parfois dures chez certains, mais globalement, chez les jeunes, c'est un torrent de larmes, comme s'ils réalisaient en l'écoutant que leur époque restera celle des attentats.