Cinéma week-end. "La Cravate", documentaire politique et intrusif

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Étienne Chaillou et Mathias Théry suivent un jeune militant Front National durant la campagne présidentielle de 2017. "La Cravate", un film à la forme déroutante.

Au rayon des documentaires politiques, le sujet en soi n'est pas novateur. En revanche, la façon dont La Cravate, réalisé par Étienne Chaillou et Mathias Théry, fait le portait de Bastien, 20 ans, simple militant dans le Nord de la France, a de quoi surprendre.

Il y a deux films en un. L'un suit ce jeune homme, bon soldat du lepénisme, collant des affiches, faisant les marchés, en meeting ; l'autre le montre face caméra, découvrant le récit que les deux réalisateurs ont écrit tout au long du tournage.  

Nous pensons intimement que grâce au film Bastien a beaucoup évolué.

Étienne Chaillou

Bastien est un frontiste convaincu, qui se croit un destin au sein du parti, se grise de la cravate qu'il se met à porter dans ses activités politiques et de la caméra qui le suit. Mais il va déchanter : il n'est pas du sérail, comprend vite que les bonnes places à prendre ne sont pas pour lui, et surtout, il est rattrapé par son passé violent dans les milieux les plus actifs de l'extrême droite.

Avec son visage poupon, ses regrets, ses échecs sentimentaux et scolaires, Bastien apparaît sous un autre jour, et la relation avec les deux réalisateurs, entre empathie et rejet, telle un miroir tendu, le fait évoluer.    

#Je suis là d'Éric Lartigau

Du bon "feel good movie" à la française, porté par un Alain Chabat irrésistible en restaurateur du pays basque, qui divague dans une relation virtuelle avec une jeune Coréenne sur Instagram. Cet homme dans la force de l'âge nous fait le coup de la crise de la jeune soixantaine, et plaque tout pour rencontrer sa correspondante, mais ne voit personne à son arrivée à Séoul.  

Alain Chabat emmène une rêverie, il a quelque chose de riche, dense et imprenable.

Le réalisateur Éric Lartigau

L'idée maîtresse du film est ce long temps passé dans l'aéroport, des semaines durant lesquelles le personnage principal attend, sans déprimer, fait des rencontres incongrues, et devient, à son insu, une star des réseaux sociaux qu'il alimente abondamment.

Quand on a été Jules César dans le plus déjanté des Astérix, un chien dans Didier, on peut aisément jouer cet homme un peu paumé, attachant, rêveur mais qui garde sa part de mystère. Éric Lartigau est, comme nous, sous le charme d'Alain Chabat.        

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