Cinéma week-end. "El reino" : impunité, quand tu nous tiens

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Le film de Rodrigo Sorogoyen a raflé tous les prix en Espagne pour un sujet : la corruption, traité comme un thriller.

Le cinéaste Rodrigo Sorogoyen s'est imposé en deux films ; le précédent Que Dios nos perdonne avait très bien marché en France avec le même acteur, Antonio De La Torre, véritable couteau suisse du cinéma espagnol, il sait tout faire. Ici, il est un politicien moyen, juste avant la crise financière de 2009, qui organise avec un grand naturel la corruption entre son parti et des entrepreneurs.

Au début tu te dis c'est un corrompu, il va dans des restaurants où je ne vais jamais mais à la fin, il te fait de la peine

Rodrigo Sorogoyen

Quand la justice commence à enquêter sur ces détournements de fonds public à grande échelle, il est le lampiste idéal. Rodrigo Sorogoyen se garde bien d'identifier les coupables, gauche et droite ayant en Espagne à peu près autant de casseroles, cela n'apportait rien à son film.

Là où il embarque le public c'est en suivant la course folle de cet homme, bien décidé à ne pas tomber seul, et qui n'est jamais habité par la culpabilité, le sentiment d'impunité, grand classique des affaires de corruption. Cette fuite en avant, traitée comme celle d'un meurtrier, c'est tout l'intérêt d'El reino.    

Alpha, The Right to Kill de Brillante Mendoza

Le réalisateur philippin ausculte de film en film les bas-fonds de Manille. Il y a trois ans, Ma Rosa avait ébloui le festival de Cannes par sa virtuosité et son réalisme. Le procédé, caméra à l'épaule dans la foule des bidonvilles, est reconduit, mais entre-temps la situation politique a changé. 

Le nouveau président, Rodrigo Duterte, a lancé une guerre sans pitié contre les narcotrafiquants et Brillante Mendoza le soutient, malgré les alertes des ONG qui dénoncent les victimes collatérales de ce conflit armé.

Le gouvernement ne traite que de la criminalité, mais la racine et la cause de tout, c'est la pauvreté

Brillante Mendoza

Dans Alpha, The Right to Kill, un policier corrompu mène une vaste opération contre un réseau de trafiquants de drogues, scènes d'action époustouflantes, rapports tordus entre le flic et son indic ; sur le plan formel, c’est une réussite. On ne sait pas très bien si dans son ensemble la police fait correctement son travail et Brillante Mendoza, qui se garde d'être un propagandiste du régime, plaide une certaine incompréhension des occidentaux que nous sommes.        

Liz et l'oiseau bleu de Naoko Yamada

Dès les premières images, on est happé par la beauté de ses dessins et de ses deux personnages : deux lycéennes, l'une timide et renfermée, l'autre volubile, qui doivent jouer ensemble un duo, hautbois, flûte, dans l'orchestre de leur classe pour la fin d'année. La partition musicale croise le destin de ces deux jeunes filles et on retrouve des thèmes forts du cinéma d'animation japonais, les troubles des adolescentes, la peur de la perte en amitié, c'est un petit bijou.                    

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