Cinéma week-end. Clotilde Hesme a les épaules

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Sur un sujet délicat, la gestation pour autrui, Fabien Gorgeart réussit son premier film avec Clotilde Hesme en complice.

 Diane a les épaules, premier film de Fabien Gorgeart

Alors que le cinéma est encore sous le choc de l'affaire Weinstein, la démarche de Fabien Gorgeart annonce, espérons-le, un changement de paradigme dans les relations réalisateur-actrice. Diane a les épaules est son premier film, un vrai cadeau pour Clotilde Hesme. Diane accepte de porter l'enfant d'un couple d'amis homosexuels, démarche désintéressée dont la gravité va vite la rattraper, le film traite sur le ton de la comédie du sujet délicat de la gestation pour autrui, sans porter le moindre jugement.

Quand un homme filme une femme ça devient un objet de désir, là je me suis autorisé une connivence

Fabien Gorgeart

Ce récit est ancré dans l'époque, et Clotilde Hesme apparaît à l'écran comme jamais, un rôle qui enrichit sa palette de jeu, déjà charpentée chez Philippe Garrel, Christophe Honoré ou Bertrand Bonello. Fabien Gorgeart a écrit ce personnage pour elle, rien que pour elle.  

 

Le Musée des merveilles de Todd Haynes

Todd Haynes avait envie d'évoquer l'enfance, son amour du cinéma et la ville de New York dans un même film. C'est réussi, ça s'appelle Le Musée des merveilles. Dans une première partie en noir et blanc, une petite fille sourde des années 30, est terrifiée quand arrive le cinéma parlant dont sa mère, qui la néglige, est une star. 40 ans plus tard un garçon du même âge, orphelin de mère perd l'audition, les deux vont faire le voyage vers New York, où le musée d'histoire naturelle devient un pays des merveilles.

Quand j'étais enfant on me disait que je vivais les plus belles années de ma vie, ça me rendait dingue

Todd Haynes

En se jouant de la temporalité du récit, en traitant avec une infinie délicatesse les angoisses de l'enfance, Todd Haynes livre un film qui mériterait d'être le choix du public pour aller au cinéma en famille et partager des émotions.  

 Chavela Vargas ou le destin tragique d'une grande chanteuse mexicaine

En 1991, Pedro Almodovar utilise pour la première fois une chanson de la mexicaine Chavela Vargas. Dans Talons aiguilles, c'est Luz Casal qui interprète Piensa en mi. On retrouvera ce répertoire déchirant dans Kika, puis dans La fleur de mon secret.

Chavela Vargas, c'est tout simplement le titre du documentaire de Catherine Gund et Daresha Kyi, qui nous apprend tout sur le destin tragique de cette chanteuse qui s'est imposée dans la ranchera, répertoire masculin du très machiste Mexique. Femme de caractère, alcoolique de haut vol, Chavela Vargas, morte en 2012 à 93 ans, a eu une carrière aussi accidentée que sa voix sublime. Lesbienne, amante de Greta Garbo et de Frida Kahlo, elle a failli passer aux oubliettes de l'histoire.

C'est avec un amour infini que Pedro Almodovar la fait venir en Espagne au milieu des années 90, finance ses concerts, sa venue à l'Olympia à Paris et utilise ses chansons. Comme partie intégrale de ses scénarios. Entre confidences, témoignages de proches et images d'archives de ses plus beaux concerts, Chavela Vargas est le documentaire à voir cette semaine.  

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