Cinéma week-end. "Bienvenue à Suburbicon", banlieue d'enfer

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L'envers du rêve américain par George Clooney.

Bienvenue à Suburbicon est le sixième film de George Clooney comme réalisateur, entouré de ses complices, les frères Coen au scénario et Matt Damon dans le rôle principal.

Ça parle vraiment à notre époque, même si ça se passe en 1959

Matt Damon

Suburbicon est la version fictionnelle de Levittown en Pennsylvanie, ville nouvelle qui a défrayé la chronique dans les années 50, quand dans cette banlieue idéale pour blancs de la classe moyenne du rêve américain, l'arrivée d'une famille noire a déclenché un torrent de haine et de violence. À ce triste épisode historique, les frères Coen ont accolé les déboires de la famille Lodge. Matt Damon est ce mari et père, apparemment au-dessus de tout soupçon, qui voit sa vie basculer quand sa femme, Julianne Moore est assassinée par la mafia.

Comme toujours avec les frères Coen, les innocents n'ont pas les mains blanches, et on se délecte de voir le personnage de Matt Damon accumuler les mauvais choix, jusqu'au carnage final. George Clooney attaque le scénario de front, sans doute trop, mais Bienvenue à Suburbicon a le mérite de dénoncer la récurrence des turpitudes de l'Amérique.

Les Gardiennes de Xavier Beauvois

Les Gardiennes de Xavier Beauvois est un hommage à ces femmes, paysannes, qui ont tenu la terre de France durant la Première Guerre mondiale, quand les hommes étaient au front.

Moi je vis à la campagne en Normandie, ce ne sont pas des gens qui passent leur temps à parler

Xavier Beauvois

Nathalie Baye est cette mère qui tient la ferme, avec sa fille, Laura Smet - on reste en famille - aidée par une orpheline, découverte de la lumineuse Iris Bry, issue d'un casting sauvage. Cette communauté de femmes va traverser la guerre avec un courage indéfectible, dans un temps étiré, perturbé par les annonces des morts et l'arrivée de soldats américains.
Xavier Beauvois filme avec une lenteur infinie, les dialogues sont rares, les images soignées, sans avoir la force de Des hommes et des dieux, Les Gardiennes vise une certaine grâce.

Seule la terre de Francis Lee

Dans Seule la terre, c'est la campagne anglaise d'aujourd'hui qui est filmée. Francis Lee parle en connaissance de cause, il est issu d'une famille paysanne du Yorkshire. Dans une ferme miséreuse, tenue par un père veuf, malade et autoritaire, le fils se confronte à la solitude et la dureté de son travail. L'arrivée d'un saisonnier roumain va le bouleverser, car Seule la terre est avant tout une histoire d'amour entre deux hommes, filmée avec pudeur, intelligence.

Il se passe quelque chose dans le cinéma, le regard du public sur les histoires homosexuelles change, Moonlight de Barry Jenkins y a largement contribué.

Parmi les rééditions de la semaine, en salle et en dvd, Blast of Silence d'Allen Baron

En 1961, Allen Baron signe un premier film noir et blanc sur la dernière mission d'un tueur à gages qui revient dans sa ville natale. Un polar ultra-graphique, très bd, dont la ville de New York est en fait le personnage principal. Martin Scorsese considère Blast of Silence, nommé aussi Baby Boy Frankie, comme l'un des meilleurs films sur New York, c'est dire...