La Chine passe à l'offensive

La Chine omniprésente et ambitieuse, à la manœuvre sur tous les grands marchés de l’aéronautique civile, constructeurs, compagnies et aéroports. La plate-forme Paris-Vatry, a accueilli, le 3 avril dernier, son premier Boeing 747-400 chinois, après un an et demi de négociations.

Il
s’agit de la première ligne aérienne de fret entre la France et une
province
chinoise. Depuis la semaine dernière, la compagnie Yangtze River
Express,
filiale du géant Hainan Airlines, assure trois vols par semaine entre
Chengdu
dans l’ouest de la Chine et l’aéroport de Paris-Vatry dans la Marne.

La
compagnie
chinoise espère transporter chaque année entre 20 000 et 25 000
tonnes de fret vers l’Europe dont de nombreux produits électroniques,
fabriqués
à Chengdu. Cette nouvelle ligne, va permettre d’économiser, deux à trois
jours
de transport, en évitant un transit par Shanghaï ou Pékin.

C’est
une belle
manière pour la Province du Sichuan de s’assurer une porte d’entrée
directe sur
les marchés européens et français. Il faut savoir que l’an dernier, le
Sichuan
a affiché une croissance, qui fait rêver, de près de 15%. En ligne de
mire, l’entrée
de Hainan Airlines, au capital de l’aéroport de la Marne.

Ce pont
aérien, également
constitue une bouffée d’oxygène financière importante pour Vatry, après
la
perte, il y a deux ans, de ses deux principaux clients, l’Allemand DHL
et le
Britannique Avient.

Vatry,
s’ouvre à la chine, tout comme la compagnie aérienne Aigle Azur. Il y a
quelques semaines, Hainan Airlines, le même investisseur, qu’à Vatry,
est entré
au capital de la compagnie aérienne spécialisée sur l’Algérie et les
vols sur
le bassin méditerranéen. Si le groupe Gofast, propriété, d’Areski
Idjerouidène,
conserve la majorité dans l’actionnariat de la compagnie, la
participation de
Hainan Airlines, dépasserait les 40%.

Cette opération
capitalistique s’accompagne
de synergies en termes d’achats et de réseau entre les deux compagnies
avec, à
terme, des ouvertures de lignes entre la France et la Chine. Hong Kong 
Airlines, filiale Hainan Airlines, ferait le
forcing pour obtenir des droits de trafic sur la France.

Les
compagnies françaises, les aéroports et les constructeurs. Après
Bombardier, et
la signature d’un accord liant, le constructeur canadien au Chinois
Comac, c’est
l’américain Cessna qui a cédé à la tentation. Leader enblématique de
l’aviation
privée et d’affaires américaine,  mais
fragilisé par une conjoncture désastreuse, le constructeur de Wichita, a
décidé
de confier son sort à AVIC et aux autorités municipales de Chengdu. On y
revient encore une fois.

Deux accords stratégiques ont été
signés. Ils visent
officiellement à développer l’aviation générale et l’aviation d’affaires
dans
le pays. L’objectif est d’offrir au marché chinois une gamme complète
d’appareils,
qui seront fabriqués mais aussi et surtout certifiés en Chine.  

L’américain
Cessna était déjà présent en
Chine, pour la production de son monomoteur 162 SkyCatcher. Mais cette
fois,
les chinois veulent aller beaucoup loin. Rappelons, qu’Avic est aussi le
nouveau propriétaire de Cirrus Aircraft, le constructeur des SR20 et
SR22, l’avion
de loisirs, actuellement le plus vendu au monde.

Rappelons aussi,
que le Brésilien
Embraer produit en Chine, à Harbin son jet régional, l’ERJ 145, et
qu’Airbus assemble
dans son usine de Tianjin, des A320 actuellement au rythme de quatre
mois, tous
destinés au marché chinois, dont les besoins sont énormes. Airbus,
Cessna,
Bombardier, Cirrus, toutes ses sociétés concurrentielles ont désormais
dans
leur actionnariat en Chine, le même actionnaire, Avic ou Comac.   

Comac,
qui finalise, actuellement, la fabrication de son propre moyen courrier,
le
C919. Faut-il s’en inquiéter ? Non, assure t-on du côté de Toulouse,
pour
ne pas froisser. Mais actuellement, seul Boeing résiste encore face à la
puissance de la Chine.

 

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