Chroniques du ciel : Roland Garros, sur terre battue comme au ciel

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En plein tournoi de tennis parisien, retour sur l'origine du nom de cette rencontre internationale : Roland Garros fut un pionnier de l'aviation.

 

Dans l'esprit collectif, Roland Garros est associé aux internationaux de France de tennis à cause du stade qui porte son nom depuis 90 ans, porte d’Auteuil. Mais en réalité, Roland Garros était aussi habile avec une raquette de tennis qu’un manche à balai. Il était certes très sportif mais sa discipline de prédilection, c’était le Rugby qu’il pratiquait en tant que membre du Stade Français.

La première traversée de la Méditerranée

Outre cette passion pour le rugby, Roland Garros était un aviateur, né à la Réunion, de parents plutôt aisés, bourgeois, diplômé HEC, il est entré dans l’histoire de l’aviation en réalisant la première traversée de la Méditerranée à bord d'un Morane H, le 23 septembre 1913 en 7 heures et 53 minutes.

Dès le début la première guerre mondiale, il s’engage comme soldat, et choisit naturellement la voie des airs. Roland Garros participe alors à des missions de reconnaissance ou de largage de bombes. Le combat aérien n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais très vite, on s’aperçoit que les aéronefs peuvent servir de plate-forme de tir. La première victoire aérienne, on la doit à deux soldats français Franz et Quenault. Le Sergent Franz pilotait, le Caporal Quenault tirait.

Premier pilote de chasse de l'histoire

Roland Garros, va aller plus loin. Avec son ami, l’ingénieur Raymond Saulnier, il va participer à la mise au point d’un système de synchronisation de tir à travers l’hélice. À partir d’avril 1915, son avion est équipé de ce système. Roland Garros multiplie les victoires et devient le premier pilote de chasse de l’histoire.

Fait prisonnier des Allemands pendant plus de deux ans où son système de tir est copié puis amélioré par l’ingénieur Neerlandais, Anthony Fokker, Roland Garros réussit à s’évader et reprend la voie des airs. À quelques semaines de la fin de la guerre, le 5 octobre 1918, la veille de ses 30 ans, il est abattu à Saint Morel dans les Ardennes. A sept contre deux, Spad français contre Fokker allemand le combat est inégal. 9 ans, plus tard, et c’est là où l’on commence à parler tennis, les Mousquetaires, Borotra, Lacoste, Brugnon et Cochet remportent la Coupe Davis. L’événement réclame un cadre à la mesure de son retentissement.

Le Stade Français cède à la Fédération un terrain de trois hectares situé près de la Porte d’Auteuil, pour que soit construit un stade flambant neuf. Le Président du Stade Français, Émile Lesieur, un ancien camarade et ami de Roland Garros, ne pose qu’une seule condition : que l’enceinte porte le nom de l’un de ses membres. En 1928, l’hommage est rendu à Roland Garros, pionnier de l’aviation et as de la première guerre mondiale.  

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