Chroniques du ciel. Quel avenir pour les assistants en escale

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Les assistants en escale sont un rouage central de l’écosystème du transport aérien car leurs missions sont déterminantes pour la qualité, la sûreté et la sécurité des activités aéroportuaires.

Enregistrement, embarquement des passagers, déchargement des bagages, du fret ou guidage au sol des avions, pleins de carburant. Les assistants en escale constituent un maillon essentiel de l’écosystème du transport aérien. Ce que l’on appelle notamment, le "handling".

Frappés de plein fouet par la crise sanitaire

Ces métiers sont souvent peu connus ou ignorés, ils représentent pourtant des dizaines de milliers d’emplois, comme le souligne dans une récente étude Didier Bréchemier, associé chez Roland Berger.

La compétitivité des assistants en escale, directement liée à l’attractivité des aéroports français, est un enjeu social majeur.En 2015, le secteur employait 42 000 personnes, dont 25 000 sur les 12 premiers aéroports français.

Didier Bréchemier

"La crise du Covid a frappé de plein fouet le secteur aéroportuaire, ajoute Didier Bréchemier, et partant, celui de l’assistance en escale. À partir de mars 2020, le nombre de vols s’est effondré et les activités aéroportuaires ont quasiment été mises à l’arrêt.

Ce choc fragilise la santé financière des acteurs, voire conduit à leur faillite.Cette situation nous rappelle que le secteur de l’assistance en escale est au cœur d’enjeux économiques et sociaux majeurs. La compétitivité des acteurs du transport aérien (au premier rang desquels les compagnies aériennes) est conditionnée par la compétitivité des aéroports, au sein desquels opèrent les assistants en escale. Pour les compagnies aériennes, la maîtrise des coûts d’assistance en escale dans les aéroports français, est essentielle pour soutenir la reprise et maintenir l’attractivité de la destination France"

L’assistance en escale : un poste de coûts majeur pour les compagnies aériennes

"Ces coûts représentent 5% à 10% du chiffre d’affaires des compagnies aériennes. En outre, l’internalisation des services d’assistance en escale au sein des compagnies aériennes peut être jusqu’à deux fois plus coûteuse que leur externalisation."

Des métiers nécessaires pour les compagnies aériennes et qui ont aussi un rôle à jouer dans le verdissement des aéroports, dans la transition écologique du transport aérien aujourd’hui mise en avant par la crise.

"Mettre en place des activités d’assistance en escale plus vertes, par exemple via l’électrification des flottes d’engins d’assistance est un défi majeur. À ce titre, Roland Berger estime qu’une flotte d’engins d’assistance électrifiée à 90% dans les aéroports parisiens permettrait de réduire les émissions de CO2 générées par l’assistance de l’ordre de 60%, et les émissions de NOx, PM10 et PM2,5 de l’ordre de 60 à 80%. En outre, Air France, en auto-assistance, a déjà annoncé une ambition de 60% d’engins électriques sur sa flotte d’ici fin 2020 et souhaite porter ce chiffre à 90% en 2025 (hors effet Covid)."

En attendant de voir, peut-être un jour, des avions zéro émission de C02, la diminution de l’empreinte carbone du secteur passe par les activités au sol avec des solutions immédiatement applicables.

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