Chroniques du ciel. Les grands ratés de l'aéronautique

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Airbus met un point final à son géant des airs l'A380, faute de commandes. Retour sur les grands ratés de l’industrie aéronautique.

En prononçant l'oraison funèbre de l'A380, Tom Enders, le patron d’Airbus a fait un choix économiquement rationnel. Apprécié des clients, mais boudé par les compagnies le très gros porteur européen n'a jamais trouvé son marché.

Lors du lancement du programme, Airbus comptait sur une congestion des grands aéroports internationaux et une stratégie des compagnies, à s’engouffrer dans une politique de dessertes de "hubs", ces grandes plates-formes de correspondance. Au final, c’est le point à point qui s’est développé.

L’A380 est peut-être né trop tôt

C’est la deuxième fois, dans l’histoire d’Airbus que le constructeur européen doit prendre la décision radicale d’abandonner la production de l’un de ses appareils, faute de clients. Ce fut déjà le cas, il y a sept ans, avec l’A340, son quadri réacteur long courrier qui n’a jamais réussi à s’imposer face à son rival de Boeing, le 777.

L’histoire de l’aviation commerciale est marquée par de nombreux échecs commerciaux qui ont permis de faire progresser la technologie. Le plus célèbre d’entre eux est Concorde, dont on fêtera les 50 ans du premier vol au début du mois de mars. Le supersonique était en avance sur son temps, concentré d’innovations technologies, il a permis de mettre au point sur un avion civil les commandes électriques de vol, de tester des matériaux comme le Teflon ou le système de freinage ABS et surtout de poser les bases d’une première coopération européenne en matière d’aéronautique.

Sauf que Concorde était beaucoup trop gourmand en carburant, trop bruyant. Le choc pétrolier de 1973 mettra fin au rêve du supersonique. Seuls 20 Concorde seront construits, dont 16 de série, attribués pour quelques francs ou livres symboliques à Air France et British Airways. 

Le Concorde, un Vietnam industriel

Sur le plan économique, son bilan comptable fut désastreux, avec une explosion incontrôlée des coûts au fil de ses années de développement, portant son prix unitaire des 10 millions de dollars imaginés au départ à plus de 70 millions en 1976. "Un Vietnam industriel", s'était exclamé un de ses farouches adversaires, Jean-Jacques Servan-Schreiber

Avant Concorde, la Caravelle, a connu une carrière en demi-teinte. Après l’échec du Comet britannique et des accidents, la Caravelle fut pourtant, le premier bi-réacteur civil au monde produit en série. Destinée au court moyen-courrier, elle symbolisait le renouveau de l’industrie aéronautique française d’après-guerre. Mais c’était sans compter sur la puissance commerciale américaine, le Douglas DC9, plus grand et largement inspiré de l’appareil français.

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