Chroniques du ciel. Les compagnies américaines pourraient supprimer des milliers d'emplois

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Gros plan sur les compagnies aériennes américaines, elles aussi durement touchées par la crise sanitaire. Elles pourraient supprimer des milliers d'emplois dans les prochaines semaines.

À l’occasion de la situation américaine encore troublée après l'élection du président Joe Biden, intéressons-nous aujourd’hui aux compagnies aériennes américaines, elles aussi durement touchées par la crise sanitaire. On le sait, cette crise va accélérer la consolidation du secteur, essentiellement en Europe, puisque outre-Atlantique, cette consolidation s’est achevée, il y a déjà quelques années.

Restent trois grandes compagnies classiques

Il ne reste aujourd'hui aux États-Unis que trois grandes compagnies classiques, contre six, il y a un peu plus de cinq ans. American Airlines, qui a gardé sa marque aux dépens d'US Airways, United Airlines, après sa fusion avec Continental en 2010, et Delta qui, s'est rapprochée de Northwest Airlines en 2008.

À elles seules, ces trois compagnies représentent plus de 55% du marché intérieur américain, un peu moins de 50% de l’ensemble des trafics nationaux et internationaux. Aux côtés de ces trois géants, la plus ancienne et la plus importante compagnie low cost au monde, Southwest, créée en 1971, au Texas, par un certain Herb Kelleher. À ce quatuor, on peut rajouter, une autre low cost, plus petite, Jet Blue.

La genèse de la restructuration de cette concentration des compagnies américaines remonte au début des années 80. À l'époque, le secteur est extrêmement réglementé. Deux sénateurs vont y mettre fin dans le fameux "Deregulation Act" de Jimmy Carter.

Cette dérégulation du ciel américain va donner naissance à une multitude de compagnies, ne se contentant plus d'effectuer de simples trajets de point à point, mais des vols en correspondance, via de gigantesques hubs. La guerre des prix qu'elles se livreront, fera des victimes et entraînera la disparition d'acteurs majeurs, comme la Pan Am, la TWA, la Braniff ou Eastern Airlines. Deux guerres du Golfe puis les attentats de septembre 2001, vont alors accélérer ces regroupements. Des compagnies "condamnées à s'entendre ou bien mourir".

Un marché sur une pente ascendante juste avant la crise sanitaire

Grâce à cette consolidation, la plupart des compagnies américaines vont retrouver le chemin de la croissance et des bénéfices, après des pertes abyssales, plus de 55 milliards de dollars, entre 2001 et 2011. Entre temps, ces compagnies vont fortement réduire leur offre sur le marché domestique, augmenter leurs tarifs et fortement tailler dans les effectifs. Jusqu’au début de la crise sanitaire, le marché américain était sur une pente ascendante.

Aujourd’hui, ces compagnies perdent des milliards de dollars, avec comme en Europe, seul 25% à 30% de leur trafic assuré. Elles sont massivement soutenues par le gouvernement américain. Mais sans nouvelles aides de l’Etat, sans un accord entre les républicains et les démocrates, American Airlines annonce la suppression dans les prochaines semaines de près de 19 000 salariés.      

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