Chroniques du ciel. L'A220 assemblé à Mobile dans l'Alabama

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Six mois après avoir racheté au canadien Bombardier sa gamme des CSeries devenu l’A220, Airbus poursuit son aventure américaine.

Après le site de Mirabel au Québec, l’avionneur européen Airbus vient de lancer la construction d’une deuxième ligne d’assemblage à Mobile dans l’Alabama. L’A220 devrait permettre à Airbus de compléter sa gamme, avec un avion de 110 à 150 sièges, entre l’ATR et l’A320, et de rattraper son retard face à Boeing outre Atlantique, sur le marché des appareils mono couloirs régionaux.

Une alternative intéressante pour les compagnies américaines

L'appareil est nettement moins cher : aux alentours des 30 millions de dollars pour un A220 contre 90 millions environ pour un A320. L’objectif d’Airbus est clair : transformer un appareil aux ventes poussives en véritable succès commercial et faire oublier la profonde crise que traverse en interne l’avionneur européen, avec notamment les soupçons de corruption et les inquiétudes des salariés sur la stratégie du groupe.

Un accord gagnant également pour Bombardier, dont l’avenir semblait plutôt sombre, depuis la décision américaine d’imposer des pénalités anti-dumping de 300% aux futures livraisons de CSeries à Delta Airlines. Une mesure de représailles, sous la pression de Boeing, qui estime que si Bombardier a pu se placer auprès de Delta Airlines, c’est en partie grâce à des prix cassés liés aux subventions que recevait le constructeur canadien.  

Pour contourner ces taxes punitives à l’importation, Airbus va donc installer une chaîne d’assemblage d’A220 CSeries à Mobile dans l’Alabama, pour produire des avions "100% made in USA", là où Airbus assemble déjà des 320 pour le marché américain. La première pierre de ce nouveau site a été posée, il y a quelques jours, par Tom Enders et Guillaume Faury, son successeur.

Ce pari n’est pas totalement sans risque pour Airbus

Depuis son lancement en 2008, le programme C-Series a multiplié les pertes après des problèmes techniques à répétition, des coûts de production élevés et un accueil mitigé de la part des compagnies aériennes.

Pour inverser cette tendance, Airbus mise sur sa puissance commerciale, son expertise en matière d’achats, de vente et son service clients. Airbus estime le besoin de ce type d’appareils de 100 à 200 sièges aux Etats-Unis à plus de 5 000 d’ici 20 ans, avec une ambition de s’arroger la moitié de ce marché. En produisant américain, le constructeur européen dispose d’un argument puissant pour pousser les compagnies américaines à acheter Airbus.

Un argument important face à la politique protectionniste de Donald Trump. Peut-être de quoi inquiéter Boeing avec un avion très compétitif, à l’époque tué dans l’œuf par l’ancien directeur commercial d’Airbus, un certain John Leahy, aujourd’hui retraité.              

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