Chronique du ciel. L'E-FAN n'intéresse plus Airbus

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Airbus Group a décidé d'abandonner son projet d'avion école tout électrique pour élaborer un projet plus ambitieux d'avion hybride.

L’E-FAN, l’avion école 100% électrique, porté par Airbus Group, a du plomb dans l’aile

Lancé à grand renfort de communication, en septembre 2013, il faisait pourtant partie de la trentaine de projets présentés à François Hollande par Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, pour doper l’industrie française et l’innovation dans les 10 ans à venir.

Alimenté par des batteries au lithium ion polymère pour des vols d’une trentaine de minutes à une heure, le petit biplace devait révolutionner le monde de l’aviation légère. On l’avait vu voler au salon du Bourget en 2015, traverser la Manche, quelques mois plus tard et alimenter les discours de Ségolène Royal, en matière de développement durable.

A l’époque, Airbus parlait d’une production de 30 à 40 avions par an

Avec une commercialisation dès 2017. La construction d’une usine d’assemblage avait été promise au maire de Pau, avec à la clé, la création d’un peu plus de 350 emplois. Mais au final, quatre ans plus tard, le projet est abandonné, pour être remplacé, dit-on chez Airbus par un projet plus ambitieux, un projet hybride, mais sans aucune autre précision.

Une hérésie historique selon les syndicats. De son côté, Airbus affirme que l’E-FAN servira in fine, de tremplin technologique aux projets de véhicules volants électriques du groupe comme Vahana, City-Airbus, ou Pop-Up, dernièrement présenté au salon de l’auto de Genève.

Un abandon en lien avec des suppressions de postes

En dehors des aspects technologiques, l’abandon de l’E-Fan n’est pas sans rapport avec la réorganisation en cours au sein de l’avionneur européen. Les chercheurs impliqués dans l’avion électrique sont déjà visés par un plan de suppression de 1.100 postes en Europe. Un plan qui comprend, entre autres,  la fermeture du site de recherche et développement de Suresnes près de Paris.
Le départ, début 2016, du contesté directeur de l’innovation Jean Botti, a sans aucun doute également joué dans la décision d’Airbus de jeter l’éponge.

Un gâchis de près de 50 millions d'euros

Quoi qu’il en soit c’est un gâchis. Un énorme gâchis financier de près de 50 millions d’euros au total. Une somme qui aurait pu, en partie, servir à aider certaines PME comme APM ou REXIAA, les sociétés de Philippe Monniot, à Issoire dans le Puy de Dôme. Ces sociétés travaillent sur des projets moins ambitieux mais plus réalistes en matière d’aviation générale et qui peinent à trouver des financements.

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