Chronique du ciel. Boost pour sauver Air France ?

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Les pilotes d'Air France se prononcent, lundi prochain, sur le projet de la direction de créer une nouvelle compagnie aux coûts plus réduits. Le syndicat nationale des pilotes de lignes, le SNPL y est opposé.

Ce que pensent le Président et le bureau du SNPL Air France, n’est pas forcément en phase avec ce que pensent aujourd’hui une grande majorité des pilotes de la compagnie à propos du projet "Boost". Résultat, les médias ont toujours cette même impression négative, que les pilotes ne veulent rien entendre, qu’ils sont beaucoup mieux payés que dans n’importe quelle autre compagnie, et que s’ils votent contre la création de cette nouvelle entité, censée améliorer la compétitivité d’Air France, ils seront une nouvelle fois, responsables de sa lente agonie.

Des accusations qui finissent par agacer les pilotes

Avouez que d’entendre ces accusations quotidiennes finit par agacer, d’où la tentation, pour certains d’entre eux, de dire non à la question, clairement partisane  du Syndicat National des Pilotes de Ligne: "Approuvez-vous l'externalisation d'une partie de l'activité et de la flotte long-courrier et moyen-courrier d'Air France dans une nouvelle structure ?".

Or ce n’est pas si simple. "Boost" ne sera jamais Eurowings, la filiale Low Cost de Lufthansa, et en y regardant d’un peu plus près, si les pilotes d’Air France n’ont pas grand-chose à y gagner, en matière de salaires, ils n’ont pas grand-chose à y perdre non plus. La carotte est ailleurs. Ce qu’essaie de vendre aujourd’hui, la direction de la compagnie, c’est un semblant de croissance et qui dit croissance pour les pilotes, dit forcément possibilité d’évoluer et changer de machine.

De retoutables concurrents, comme la Low Cost Norwegian

Pour autant, avec une trentaine d’avions, à l’horizon 2020, "Boost" ne sauvera pas à Air France de tous ses maux. Les pilotes ne sont pas responsables de la baisse constante de la recette unitaire d’Air France, l’un des chiffres clés, lorsqu’il s’agit de se pencher sur les résultats de la compagnie, pas responsable non plus de l’écart de compétitivité avec KLM, pas responsables, de la montée en puissance de redoutables concurrents, à l’image de la Low Cost, Norwegian, qui à peu près en même temps qu’Air France, annonçait cette semaine, des bénéfices records pour 2016 et une croissance exponentielle.

Mais Norwegian n’est pas Air France. Un passé de plus 80 ans sépare les deux compagnies. Norwegian est partie d’une feuille blanche et c’est sans compter sur le poids de l’Etat toujours présent au sein d’Air France même si Jean-Marc Janaillac et Franck Terner ont déjà fait bouger les lignes. Pour être clair, délicat pour les dirigeants d’Air France d’annoncer des mesures plus drastiques à quelques mois de la présidentielle.

 

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