Airbus Group se désengage de Dassault Aviation

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Le constructeur Dassault Aviation vient de racheter 8% de ses propres actions à Airbus Group pour 794 millions d’euros, permettant à l’avionneur européen d’engager un retrait progressif.

Progressivement Airbus Group et Dassault Aviation sont en train de mettre fin à une situation paradoxale, une curiosité capitalistique . Rappelons les faits. Jusqu’à cette transaction, Dassault Aviation détenait 50,55% de son capital et Airbus Group 46,33%. Une participation qui ne donnait au groupe aéronautique et de défense aucun pouvoir de gestion, la famille Dassault majoritaire étant seul décisionnaire final. Donc pas de véritable intérêt stratégique pour Airbus Group.

Au-delà ça, ce désengagement d’Airbus Group, marque la fin d’une incongruité  historique, qui voit depuis des années, l’un des fabricants du chasseur Eurofighter, Airbus Group, ex-EADS, détenir en partie, le concepteur du Rafale, son principal concurrent. Situation compliquée dans les faits, pour les français d’ex-EADS, qui n’avaient aucun droit de regard sur l’Eurofighter, malgré leur engagement dans le programme. Et vice-versa, du côté de Dassault qui voyait d’un très mauvais œil, EADS s’intéresser au Rafale.

Ce désengagement progressif d’Airbus Group est un soulagement pour Dassault Aviation. D’autant que dans cette opération tout le monde est gagnant. Airbus Group récupère du cash un peu plus de 794 millions d’euros, Dassault voit sa marge de manœuvre augmentée et l’Etat qui ne détenait plus qu’une participation indirecte, via Airbus Group se retrouve à nouveau dans la boucle.

Car dans la convention qui a été signée en fin de semaine dernière, l’Etat se donne un droit de préemption. Il pourra racheter des actions de Dassault Aviation, entreprise qu’il considère stratégique dans la dissuasion nucléaire avec le Rafale si la holding familial perdait un jour le contrôle de l’avionneur.