Quand Taubira recadre

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Le Prix des droits de l'Homme 2015 a été décerné, ce matin, par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme. Une récompense remise par une Christiane Taubira, très en verve.

La garde des Sceaux n’a pas raté l’occasion de dire ce qu’elle a sur le cœur. Car, vous l’aurez sans doute remarqué, on ne l’entend guère en ce moment. Face à un parterre de défenseurs des droits humains, Taubira a fait du … Taubira

"Profitez de ce ministère surtout !"

Elle montre, avec le geste, avec ses mains.

"Vous voyez, il y a deux très beaux salons, là celui des oiseaux, et puis celui des portraits et cette galerie magnifique dans laquelle nous sommes réunis… n’hésitez pas à vous emplir les yeux »

"Vous emplir les yeux". Du Taubira poétique, comme elle en a le secret

Une fois les prix remis à ces femmes colombiennes, ces mexicaines, ce défenseur des droits au Congo Brazzaville. À ce pakistanais émouvant,  elle embraye :

"Cette année est extrêmement lourde "

Elle rappelle, les attentats, ces journalistes morts, ces citoyens tués :

"Et nous aurons le cœur lourd, pendant longtemps ", dit-elle.

Les gorges sont serrées

Oui, le cœur de chacun est lourd. Celui de ces combattants, auxquels la ministre de la Justice s’adresse, l’est, depuis des lustres. Christiane taira rend hommage à ceux qu’elle appelle des  "vigies",  "des sentinelles". Hommage à leurs batailles, au quotidien, alors qu’ils risquent leur vie

Et, de nous ramener, nous, ici, en France, à nos égarements

"Nous nous sommes installés dans des routines… avec une certaine jouissance de nos valeurs… habitués à des conquêtes devenues des acquis …"

 "Il y a une réflexion à avoir " poursuit-elle "une exigence morale… car nous avons laissé s’installer les inégalités et les injustices "

Mariana et Gabriela, venues de Puebla au Mexique, pour recevoir leur prix, se sentaient au chaud, ce matin, dans cette chancellerie devenue, l’espace de quelques heures, refuge de leurs malheurs.

Des lionnes

Elles, qui se battent comme des lionnes, contre la traite des humains chez les indiens, et les sans-papiers, se sentaient maternées. Christiane Taubira, en protectrice, a  saisi cette occasion rêvée, pour appuyer sur nos petits égoïsmes.

Elle a demandé à chacun, de  "l’attention aux autres "

"Agis en ton lieu"

Elle a parlé de solidarité, même quand  les actions, au quotidien, s’avèrent  "ingrates et invisibles"

Et, comme un bouquet  final, n’a pu s’empêcher de citer Edouard Glissant :  "Agis en ton lieu, pense avec le monde ", phrase du poète. Christiane Taubira regarde l’assemblée, et dans un grand sourire : "Alors faites ! Chacun, dans votre lieu !"

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